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lundi, 02 avril 2007
Jusqu'au bout des doigts
Pourtant, elle est sur tous les coups, aux premières loges.
C’est elle qui gratte vos couilles quand elles commencent à se faire pleines, elle qui les soulage à coup de poignet. C’est elle qui tâte cet appétissant popotin dans la rue, elle qui s’abat sur le coin de votre gueule à la suite de ce tâtage intempestif, quoique flatteur. C’est elle qui entame les préliminaires, qui caresse, qui flatte, qui dresse, qui chairdepoulette. C’est elle qui descend aux tréfonds de l’antre féminin pour recueillir quelques gouttes de cyprine, qui élargit la rondelle de l’une et de l’autre, qui se frotte, qui se glisse, qui cherche dans les plis, qui gratte dans les poils. C’est elle qui teste la fermeté, la rondeur, la lissité d’une paire de fesses, la lourdeur, le moelleux d’une paire de seins, la cambrure, le dénivelé, la douceur d’une chute de rein. C’est elle qui se faufile dans les cheveux. C’est aussi elle qui teste l’eau du bain dans lequel vous allez entrer à deux, qui déchire l’enveloppe de la capote, qui bâillonne votre partenaire de jeux, c’est elle qui vous aide à siffler la jeune beauté qui vient de vous effleurer, c’est elle qui se glisse dans la culotte, c’est elle qui s’emmêle les doigts dans ceux de l’adolescente énamourée. C’est elle qui décroche le soutien-gorge, qui fait glisser la culotte, qui fait sauter le t-shirt. Avant ça, c’est elle qui a appliqué le fond de teint, étalé le rouge à lèvre, éparpillé quelques poudres colorés. C’est elle qui appuie sur le bouton de sonnette de l’appartement de votre maîtresse, c’est elle qui ouvre la porte devant la belle créature, qui lui tire sa chaise au restaurant. C’est elle qui tient le fouet, qui griffe, qui agite le godemiché, qui tient fermement les liens, le poignet, les cheveux. C’est elle qui griffe, qui empoigne, qui fesse, qui gifle, qui effleure, qui branle, qui asticote, qui fouille, qui porte, qui soutient, qui attache.
Vous ne feriez pas grand-chose sans elle, avouez-le. Dites-lui. Prenez votre main favorite, et dites-lui : « Toi, je t’aime ». Elle vous a toujours servi, elle ne vous quittera jamais (sauf accident).
En plus, c’est beau une main.
Celles des hommes parlent pour eux : la travailleuse, râpeuse, la feignante, douce, l’intellectuelle, pleines de bosses, l’artiste, toute en lignes, la mal à l’aise, suante, la froide, froide, l’autoritaire, ferme et décidée, la puissante, immense, la tordue, tordue. Ongles en deuil, ou manucure, va-comme-je-te-pousse ou hygiénique.
Celles des femmes, encore mieux. Longues et lisses, douces, caressantes. Toute exception forcément significative. Des doigts conçus pour manipuler avec dextérité, des paumes en corbeille, des lignes taillées au ciseau, une ergonomie redoutable.
Mais surtout, il y a les ongles.
Contrairement aux hommes (guitaristes mis à part en fait), les femmes aiment à renouer avec leur animale condition, et se laisser pousser les griffes. Saillants, contendants, aiguisés, vernis, poli, bichonnés, ça vous situe la nénette : mine de rien, celle qui les porte a une intention très ciblée de l’usage qu’elle compte faire de ses mains. Avec ça, elle pourra porter quelques trucs, genre feuilles de papier ou tasse de café, mais on oublie tout usage domestique, ou travail manuel un tant soit peu « brutal ». C’est pas des conneries, les mecs, un ongle de petit doigt retourné, ça fait plus que mal, vous avez le cognant au bord de l’implosion.
Mais pour tenir une bite, ça suffit largement, effet garanti, surtout ongles vernis. C’est notre côté fauve, chasseresse. Mais vous savez ce que sait, une paire de griffe au bout d’une créature qui a perdu toutes inhibitions… Honnêtement, un doigt carré et tranchant dans n’importe quel trou, c’est limite point de vue des sensations, pour les moins larges d’entre nous. Et puis, ne vous êtes-vous jamais pincé la peau du clito entre un majeur acéré occupé à vous branler, et la queue/le doigt de monsieur ou la surface de l’objet qu’il manie, mesdames ?
Mais il y a pire. Si.
Imaginez.
Monsieur occupe votre vagin depuis un moment, tranquillement installé dans votre dos, vitesse de croisière atteinte, lubrification optimale. On croit que tout va bien alors que c’est là que se pointe le danger. La route est glissante, voila le problème. Un concours de savonnettes humides au fond d’un lavabo, si vous voulez mon avis. Tant que l’axe de pénétration reste parallèle à l’axe médian du vagin, tout va bien, mais que madame soubresotte par mégarde alors que monsieur s’apprête à une réintoduction, et c’est le carambolage, dérapage, et empallage sur les doigts griffus, pointus de madame, innocemment occupés à lui procurer du plaisir.
Vision de cauchemar : jaillissement, puis reflux du sang, douleur, souffrance psychologique, retombée du désir plein la moquette, mise à plat des éventuels orgasmes en cours, débandaison, interruption du coït. Parfois, même, séquelles handicapantes pendant plusieurs jours, plaintes, engueulades, divorce, pour les cas les plus durs. Je ne le souhaite à personne.
Pensons « sécurité », les enfants.
Plusieurs solutions, mesdames :
- Eloigner vos mains des endroits sensibles au moment où les mouvements sont le plus erratiques. Dommage.
- Arrêter la branlette pendant le coït. Dommage !
- Vous couper les ongles. Dommage.
- Vous couper seulement le ou les ongles les plus fréquemment incriminés, laissez les autres aussi longs et brillants que d’habitudes. C’est la solution la plus raisonnable. Et puis comme ça, à chaque baisemain, on verra en vous une fille qui sait prendre les choses en main.
18:22 Publié dans Encyclopédie sexuelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, main














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