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mercredi, 16 avril 2008
Nuit de noce
Quoi, cet impondérable de la mythologie sexuelle de jadis et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs, ce marronnier quasi universel, qui vaut presque autant son pesant de cacahuètes que la non moins célèbre (par chez nous du moins) enterrement de vie de garçon, et dans une moindre mesure, de jeune fille (pourquoi on s’embête à ajouter « jeune », d’ailleurs, dans ce cas-là ? Non, ne répondez pas, je crois avoir la réponse...), ne figurerait pas dans l’Encyclopédie Sexuelle ipoméenne ?! Erreur réparée !
Tout d’abord, un peu d’histoire et de culture... Vous pensez qu’on va parler de vieux machins, et bien non, sachez que tout cela est parfois, dans certaines cultures, encore d’actualité... La preuve !
Pour la plupart des civilisations au sein desquelles la femme est considérée comme inférieure à l’homme - et en sommes-nous bien sorti ? – l’épouse est souvent « attribuée » à l’homme, et l’on attend d’elle qu’elle soit pure, donc vierge, ce qui pouvait donner lieu à l’édification d’un certificat le garantissant. Aussi la nuit qui suit le mariage est-elle celle où la femme est sensée perdre sa virginité... et l’homme prouver sa virilité, en brisant l’hymen de la belle, puis en exposant aux yeux du village assemblé le drap tâché de sang attestant de ces deux qualités concernant les époux. Une mariée qui n’était plus vierge, ou un mari impuissant pouvait entraîner l’annulation du mariage. On sait aujourd’hui que des femmes, pourtant vierges, peuvent ne plus avoir d’hymen, ou en avoir un trop petit pour maculer un drap, ce qui devait, lorsqu’on l’ignorait encore, engendrer des situations dramatiques pour les femmes, et honteuses pour les hommes. Mais il y a pire que le déshonneur que constitue une épouse impure, quoique cela en fasse également partie : la filiation. Comment s’assurer que le garçon que votre femme a mis au monde est bien votre héritier (et la question a son importance lorsque le pouvoir se passe de père en fils), si ce n’est en vous assurant de la fidélité de celle-ci ? Les mœurs sexuelles des femmes a donc plus d’un enjeu, et asservir la gente féminine relève dans ce contexte de la cohérence sociale.
Les femmes ont longtemps été, et sont encore aujourd’hui chez certains peuples, laissées dans une ignorance totale de ce qu’est la sexualité. Ce qui évite de leur donner de mauvaises idées, car dans ces cultures, l’adultère y est pris avec beaucoup de sérieux. Une femme qui jouit, qui sait se faire jouir, est un danger. Pour l’homme, s’entend. Alors on a collé aux femmes « de petites vertus » les pires maux : dégénération mentale, maladies diverses et toutes terribles, la première étant l’« hystérie », mot qui nous vient tout droit d’ « utérus » (lui même du latin "uter", "utiliser"...). D’où l’excision, qui fait bien des ravages, et condamnent les femmes à la frigidité la plus stricte. Une femme ne doit pas jouir. La tradition des ladies anglaises dit même : « une lady ne bouge pas » au pieu. La femme y est passive, et sûrement pas actrice de son plaisir. Et les hommes n’avaient rien à prouver, rien d’autre que leur ferme virilité, et encore, seule la femme était en mesure de les en dépouiller, en ne se présentant pas vierges.
Aussi les femmes de jadis, dans les bonnes familles, arrivaient-elles, la nuit de leur noces, terrifiées par la peur de souffrir, ce qui devait bien arriver, la virilité de l’homme passant alors par sa capacité à bouter tant qu’il peut sa bite dans l’orifice de la (parfois très jeune) fille pour percer ce fameux hymen. Je parle au passé, mais mon premier amant ne me disait-il pas : « mais c’est bon quand ça fait mal, non ? » Certains peuples mettaient même en scène ce passage obligé pour les mariés : grande assemblée solennelle, autel comme lieu des ébats publics, outils en bois destinés à précédé le sexe masculin dans son périple vers le déchirement de l’hymen (l’ouvrage « L’érotisme et le sacré » de Philippe Camby est dans ce domaine très instructif)... Franchement, je ne sais pas comment je serais ressortie d’une pareille expérience...
Parfois, la pruderie pousse carrément à reculer l'étape de la défloration : c’est la nuit de Tobie, autre nom (biblique) donné à cette nuit, lorsqu’elle est passée en prières...
Ou, à l'inverse, comme chez certaines tribus des pays nordiques, le clan tout entier profitait de la mariée avant ses noces, celle-ci voyant tous les mâles de sa belle-famille lui passer dessus. Un peu moins agressive est notre célèbre tradition de la jarretière, sensée dévoilée pour la dernière fois les cuisses de la mariée...
On retrouve aussi ce thème de la défloration dans les cultures « romantiques », où la femme se « préserve » pour son époux jusqu’au mariage, la nôtre par exemple. La virginité, caillou magnifiquement précieux... parce que rare ?
Bref, entre les hommes, pas franchement poussés à être brillants amants, et les femmes, incultes de leur propre corps, la sexualité au sein du couple n’a pas toujours été une partie de plaisir... pas les plus belles heures de la sexualité humaine, certes.
Mais malgré tout ce qu’on en dit, aujourd’hui, les femmes qui arrivent vierges jusqu’au mariage ne sont pas bien nombreuses... mais ça se trouve ! Et des fois ça fait peur...
Et évolution des mœurs oblige, les couples qui font l’amour la nuit de leur noce ne représentent que 20 %, et encore peut-on se poser des questions quant à la fiabilité de ce chiffre...
Mais heureusement, on est devenus plus pragmatiques dans nos intentions (même si on ne parvient pas forcément à les concrétiser). Aujourd’hui, le must de la nuit de noce c’est...
> Une interminable nuit d’amour vibrante et sensationnelle, initiant une longue complicité sexuelle du couple pour des siècles et des siècles, amen, car comme chacun sait, le sexe, c’est le nerf de la guerre.
> Une tenue affriolante pour la femme, propre à exciter le monsieur, bien entendu au meilleur de sa forme, tout cela étant rendu nécessaire par ce qui précède.
> La femme n’a évidemment pas ses règles, elle a d’ailleurs fixé la date du mariage en se basant sur ses cycles. Des fois, elle est même enceinte (ce qui permet de ne pas se prendre la tête pour la date).
> Un cadre de rêve : une cabane sur pilotis le long des golfes clairs, un hôtel de luxe, un lit de plumes, de bougies et de pétales de roses...
> La femme découvre l’orgasme, l’homme le clitoris. Un monde merveilleux, je vous dis !
> Les amis qui ne débarquent pas à l’improviste parce qu’on a trouvé une super planque et qu’on est parti sans bruit, et donc, le supplice du pot de chambre et autre charivari (à l’origine, ce tumulte provoqué par les proches était destiné aux couples qu’on jugeaient mal assorties, les maris trop vieux, où les veuves qui se remariaient. Aujourd’hui, il s’agit surtout de surprendre les mariés dans leur intimité, et de leur faire boire la rôtie, mixture plus ou moins buvable) qui passe à la trappe, tout en gardant l’excitation de son éventualité.
D’ailleurs, ceux qui veulent parvenir à cet état de béatitude liront cet ouvrage, en vente dans toutes les bonnes charcuteries.
Après ces généralités, passons à l’aspect plus personnel de la chose... Quid de la nuit de noce de la Volu ?
Recontextualisons : il est 3H du matin, la Volu, enceinte de 5 mois, fatiguée, frigorifiée, irritée même, par le temps qu’elle passe à chercher son nouveau mari dans la foule des convives, les pieds qui font mal ; elle a bazardé sa jolie robe blanc cassé pour un jeans plus propices aux festivités dansantes ; elle est parfaitement sobre, mais elle a quand même légèrement mal au casque.
Et tout le monde sait qu’une partie de bête à deux dos est le meilleur moyen de faire passer une migraine...
Les convives sont encore nombreux, la tête à l’envers, certains bien entamés commencent même à vomir ou à draguer un peu plus que de raisons (ainsi une jeune femme un peu trop imbibée a-t-elle fait du gringue à la mariée). La personne chargée de fermer le bal à clé à la fin des festivités fait d’ailleurs partie du lot.
Le mari, quant à lui, est toujours frais et dispos, y a juste un peu de boue sur ses chaussures. Ses potes de jeunesse sont arrivés il y a quelques heures.
Tout ça fit que :
A trois heures du matin, donc, la mariée s’éclipse, essayant de ne pas éveiller l’attention de ceux qui compteraient éventuellement lui faire le coup du pot de chambre. Home sweet home, elle enlève ses chaussures, ses épaisseurs de maquillage, et se vautre dans son lit.
Cinq heures du matin : survenue du marié dans ledit lit. Il reste encore des invités au bal, qu’il laisse soigneusement entamer leur dégrisement. Le marié se couche, ce qui ne réveille même pas l’épousée, qui se contentera d’ouvrir des yeux douloureux 5 heures plus tard.
Le rideau tombe. Bonne nuit.
Exaltant, non ?
En même temps, les galipettes, on connaît. Et ça fait longtemps que ma virginité est passée du rang de pierre précieux à vulgaire gravier, voyez-vous. Je ne suis pas tombée enceinte par l’opération du saint esprit... Mon hymen ? Ahaha, je rigole : j’en ai jamais eu, en tout cas, j’ai jamais rien retrouvé sur le drap ; j’aurais pu être, en des temps moins propices à l’exaltation sexuelle féminine, une réprouvée de la société. Ma famille, celle du mari : la fraîcheur de la mariée, elles s’en surcarre, la virilité de l’époux itou. Les traditions ? Le cadet de mes soucis, en particulier quand j’ai mal à la tête. Le symbole sous-jacent ? Je préfère celui de notre sagesse à ce moment-là, qui garantira bien mieux la solidité de notre couple, à savoir dormir quand ça s’impose, et éviter de se mettre dans les pattes des obligations dictées par ce que notre société a de plus révoltant, l’asservissement de la femme par le biais du sexe. Le romantisme ? Je sais depuis longtemps que mon mari est un amant hors pair, j’ai découvert l’orgasme il y a un moment également, et lui connaît le clito comme sa poche.
Bref : j’ai vraiment bien dormi cette nuit-là...
18:15 Publié dans Encyclopédie sexuelle | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mariage, nuit de noce, sexe, femmes




























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Commentaires
C'est déjà ça! (mais sinon ça fait quoi de se taper un homme marié?)
Ecrit par : cattleya | mercredi, 16 avril 2008
ça fait pas un pli !
Ecrit par : May Nat (code F) | mercredi, 16 avril 2008
Je discutais au mariage de mon amie d'enfance l'été dernier, et elle me racontait que 70% des couples qui se mariaient ne faisaient rien pendant la nuit de noces, tellement ils étaient naze... Ce qu'elle a d'ailleurs fait avec son mari (elle est aujourd'hui au 7e mois de grossesse).
Sinon, pour dire que j'aurais pu faire une bonne musulmane : lorsque j'ai perdu ma virginité (avec un Parisien Piercé, comme chacun sait), j'ai tellement saigné que le mec a cru que j'avais mes règles et que je m'étais par conséquent foutu de sa gueule (ben oui, il croyait qu'on lui avait livré une même pas vierge, ce qui l'aurait destabilisé dans sa virilité...)
Sinon, heureusement que je n'attends pas la nuit de noces pour me faire du bien (d'ailleurs, il faudrait que j'arrête de me faire du bien, je sens le regard désapprobateur de mes jeunes voisines de couloir le matin et de ma maman quand elle me change les draps... petite particularité sexuelle vénérée par les Japonais, mais pas par maman apparemment!!!)
Baci
Ecrit par : Storia Giovanna | jeudi, 17 avril 2008
Ah oui, tu aurait fait le bonheur de tous là, belle sto...
Catt : la question, c'est plutôt : "qu'est-ce que ça fait de se marie avec l'homme que vous vous taper ?" Ben... disons que le plaisir d'une chose déteint sur l'autre et vice versa...
Ecrit par : Volu | jeudi, 17 avril 2008
La nuit de noces... ce vieux rituel ancré dans notre culture, faut-il lui donner tant d'importance? La vraie nuit de noces, c'est la première fois où on se retrouve dans la couche avec son aimée, pas celle qui est officialisée par la fête. Mais c'est si bon de faire la fête!
Ecrit par : M&A | jeudi, 17 avril 2008
Ben justement, aujourd'hui, c'est rarement la première fois, et heureusement ! L'affinité sexuelle est primotdiale, je pense, dans le couple, alors autant être fixé avant de se marier, non ?
Ecrit par : volubilis | jeudi, 17 avril 2008
Certes, mais un couple ne vit pas que sur le sexe... Je suis bien placée pour le savoir, étant donné que j'ai quand même un idéal de couple bien précis, étant donné mes convictions personnelles.
Ecrit par : Storia Giovanna | jeudi, 17 avril 2008
En attendant, Sto, à force d'idéal bien précis, tu es seule et chaude comme une baraque à frites... je m'en méfis comme du choléra, tu vois, des idéaux.
Ecrit par : volubilis | vendredi, 18 avril 2008
Ma grand-mère maternelle, si ancrée dans la tradition mais qui a quand même appris à mettre de l'eau dans son muscat ou du moins à le prétendre sans se faire griller (de tous les muscats y'a que le sien qui m'attaque !), m'a toujours dit qu'attendre le mariage pour coucher est finalement une grande erreur.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que l'on ignore si sexuellement ce sera compatible et après le mariage, trop tard, Gaspard ! Du coup j'ai toujours pris très au sérieux cet adage mamisien et bien sûr, mon hymen n'est qu'un lointain souvenir, et, contrairement à Storia, bon certes le couple ne vit pas que sur le sexe, mais quand y'en a pas ou très peu, quelles que soient les raisons, ça craint vraiment. Ou alors c'est parce que je suis scorpion !
;-)
Ecrit par : mu | vendredi, 18 avril 2008
Aah booon ?
il fallait PAS coucher AVANT le mariage ?
Aah booon ?
ben là, c'est sûr qu'on se serait mariés plus tôt, pask'on a vécu cinq ans ensemble d'abord...
Aah boooon ?
rôôôlalaaa! 'faut pas que j'ui dise ça trop brutalement, quand même, hein Storia ?
non pask'en plus, on était pas vierges ni l'un ni l'autre quand on s'est rencontrés.
maaaa!
oui, mais toi tu dis ça paskeu t'y crois, c'est ça ?
ah ouiiiche.
moi non!
ah ben ça va alors, non ?
Ecrit par : May Nat | samedi, 19 avril 2008
@ mu : comment faisaient alors nos grands-parents? Et ben ils faisaient avec. Parce que, je persiste, le sexe est une des bases du mariage, mais pas LA base.
@ May Nat : Mais crois-tu que je sois encore vierge? Non, bien sûr. Certes, j'ai attendu très longtemps, mais je ne regrette pas d'avoir perdu ma virginité que l'an dernier (à l'âge canonique de 24 ans, donc). Depuis, j'en profite ;-). Par contre, en ce qui concerne faire ma vie avec un garçon, là, je suis encore plus en retard, puisqu'au final, je n'ai jamais vécu de situation de couple...
Ecrit par : Storia Giovanna | samedi, 19 avril 2008
Comment faisait nos grands-parents, sto ? Eh bien, sauf rares exceptions, ils passaient une vie entière à se faire chier ensemble, les femmes ne prenaient pas leur pied, et on ne faisait l'amour que le dimanche... le pied ! Alors, ouais, ils faisaient avec, mais était-ce une bonne chose pour autant ? L'être humain est capable de sa faire, s'habituer, s'adapter à TOUT, même au plus grand des malheurs...
Ecrit par : Volubilis | samedi, 19 avril 2008
Je ne sais pas, je suis toute émoustillée. Et même pas par un parisien : c'est un homme du sud-ouest avec un accent à me faire....
Ecrit par : Storia Giovanna | dimanche, 20 avril 2008
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