lundi, 28 avril 2008

Ovul

(Voila un anagramme drôlement approprié, non ?)

1682004438.JPGIl y a un an, le 14 avril, était conçu, au creux de notre alcôve, la petite Lola. Il y a un an, dernière ovulation de la Volu.

Un an de baise sans prise de tête, à engranger du foutre sans sourciller (bon, un peu plus qu’un an, même, puisque ça faisait trois quatre mois  qu’on essayait de le faire, cet enfant).

Mieux : un an sans avoir de règles, sans SPM, sans douleurs mensuelles.

 

Il y a 14 jours, jour pour jour, la Volu passait en mode « baraque à frites ». Chaude, très chaude. Fumeuse, dans ces attitudes. Grasse, dans son humour. Le genre que tu glisses si t’approches de trop près, cause la flaque qui coule doucement le long de ses jambes. Du sexe plein la tête, dans ses rêves, éveillée, au volant... tout le temps. Derrière ses yeux, en permanence, des corps lascifs, des queues, des bites, des chattes qui coulent. Je suis pas plus fine que le dernier des mecs dans ces moments-là... Envie de baise... de me faire prendre à tout moment.... masturbation intensive, avec les doigts, avec des godes, avec tout ce que je trouve. Je supplie le paysan, sans relâche : je veux du cul !! Il fait ce qu’il peut, le povchéri...

 

Vous savez comment j’appelle ça moi ? Une belle ovulation.

 

Ca n’avait jamais été aussi marqué. Ma vie sexuelle, depuis mes 16 ans, ne m’a pas vraiment permis de remarquer cette mécanique, pourtant rigoureuse, qui habite les femmes. Soit, proche de la frigidité, je n’avais pas ces périodes de chaleurs... soit, hantée par le sexe en permanence, j’avais bien du mal à distinguer les jours avec ovulation des jours sans. Yep. Mais  là, je sais pas, peut-être la grossesse, sûrement même, a modifier mes cycles hormonaux, soit le retour de couche est plus fort qu’une banale ovulation. Comme je sens le vent venir, je note sur le calendrier de la cuisine (celui qui permet d’écrire au feutre Weledda, avec des grosses cases pour chaque jour, et qui pallie à ma foutue mémoire) : « baraque à frites ».

 

Etant donné que je n’avais jamais particulièrement remarqué mes jours d’ovulation jusque là, je n’avais pas remarqué non plus, bien que je sache que c’est comme ça que ça se passe, que 14 jours plus tard, paf : menstruations (doux mot, nesspa ?).

 

Et bien, si, c’est pas un mythe, aujourd’hui, après un an de tranquillité, 14 jours, très précisément, après ce qui ressemblait à s'y méprendre à une ovulation, Volu se tord dans son lit, et des flots de sang refusent de rester sagement dans ce que la société lui propose pour contenir ses règles. Je sais pas si la méthode de contraception « MAMA », celle qui veut qu’une femme qui allaite intensément n’a pas de retour de couches, est vraiment efficace (personne ne peut sérieusement vous la recommander, trop fumeux), en tout cas, je constate : je n’allaite plus.

Alors moi, là, j’ai envie de dire : le bon Dieu ? Un beau fumier oui. Un sacré vicelard entre tous. Un sadique. Salaud.

 

Va falloir que je songe sérieusement à une contraception... cause là, maintenant, euh, un deuxième enfant, comment dire ? Non !

 

Qu’on se le dise : Volu est de retour sur le marché des femmes fécondes.

lundi, 14 avril 2008

Test post-partum

Je me regarde dans le miroir : mes seins sont lourds, bien que rendus un peu mous par la chipie qui s’y pend toute la journée, les tétons bien roses, les hanches larges, la taille fine, la peau d’une douceur de papier à cigarette, les fesses proéminentes. Je suis bien une femme.

 

J’ai les hormones en dents de scie, des envies de sexe qui suivent le mouvement, les mains toujours aussi baladeuses, l’humeur guillerette, je m’ébaubis devant tout ce qui est rose, j’attends avec impatience le fleurissement sensé salué l’arrivée du printemps et je chante du Céline Dion, à l’abri dans ma Micra... je suis bien une femme.

 

Les ongles qui cassent, les cheveux raplaplas, la peau grumeleuse, les pertes douteuses au fond du slip, le temps qui me manque pour ne serait-ce que me laver, les envies de me faire belle ou de me maquiller perdues et donc le port de vieux chiffons, le ventre mou, les vergetures (oui, même ça !!), la fatigue intense, tout ça est derrière moi. Allez, petits bémols : je fais toujours la fortune de mon dentiste, et mes cheveux attendent depuis 7 mois d’être coupés. Et je n’ai toujours pas mes règles, mais ça, c’est pas grave, hein...

 

T’en souviens-tu, lecteur, de la femme-tronc ? Rien que pour le plaisir de me rassurer, j’ai testé ce petit « avant/pendant/après »... Je pensais que ça allait me rendre mélancolique d’un passé, malgré le fait qu’il ne soit pas si lointain, forcément meilleur. Et puis...

 

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Non. Ca va. Je persiste et signe : la maternité n’abîme pas. Elle sublime. Enfin, en ce qui me concerne, hum... Toute honte bue de si bien m'en sortir, j'aurais même tendance à dire : je ne suis plus une minette. Chuis une femme, les gars.

samedi, 02 février 2008

Allaiter

618f2ae2fb1f3bae3a3b8a385deef1f6.jpgLes prédicateurs de tous poils m’avaient jeté une pelletée de malédictions, mises en garde et messages de prévention : allaiter, c’est pas si simple, suffit pas de le vouloir. Des fois on veut, et on a pas de lait, des fois, ça se tarit, ou alors  le lait n’est pas bon, voir même dangereux, ou trop riche, ou pas assez, et puis on sait jamais ce que le bébé boit en quantité, sans compter que cette façon de donner à la demande, c’est inculquer de mauvaises habitudes au bébé. Bref, le mieux c’est encore le lait artificiel pour maîtriser parfaitement la sustentation de bébé.Ce site, très bien fait, propose des petites fiches en pdf pour démonter les mythes de l’allaitement, par le docteur Newman. Consultez également ce site-ci pour trouver une réponse à toutes les questions que vous pouvez vous poser à ce sujet.

 

Ce discours est en général servi par les anciens, au crâne savamment bourré par nos savants médecins d’antan... Déjà, Rousseau déplorait cette manie de considérer l’allaitement comme dangereux pour la mère, et de le confier aux nourrices, source, selon lui, de la déliquescence de la cellule familiale... Le problème ne date donc pas d’hier, mais depuis, ça a empiré : aujourd’hui, allaitement et durée d’allaitement régressent dangereusement. En France, seules 40% des femmes allaitent leur bébé exclusivement au sein, et elles ne sont que 22% en Afrique centrales... tandis qu'elles sont 48% au Canada, et carrément 98% en Norvège... !

 

Plusieurs raisons à cela.

 

Le travail des femmes est bien entendu le premier facteur du délaissement de l’allaitement maternel... En France, le congé pour allaitement n’existe pas, tandis que le congé de maternité ne dure que 3 mois... Mais dans d’autre pays, au Canada par exemple, il dure 1 an, précisément pour permettre aux femmes d’allaiter.

 

Les raisons de cet abandon sont aussi et surtout économiques. Vous le savez peut-être, mais le principal producteur de lait artificiel, et ce depuis le début, puisque s’en est l’inventeur, c’est... Nestlé (40% du marché mondial de l’alimentation pour bébés, la production de lait en poudre figurant parmi les plus subventionnées). Les campagnes de pub agressives en occident, couplées aux « offres » dans les pays du tiers-monde, ont fait des ravages. En occident, Nestlé est parvenu à persuader la ménagère que son lait était carencé en comparaison de celui qu’offrait le géant alimentaire... avec l’aide des médecins de famille qui touchaient des pourboires substantiels pour chaque mère ralliée à la cause du lait en poudre (et à qui on offrait sa première boîte... et une fois l’allaitement artificiel engagé, il devient très difficile de reprendre un allaitement naturel).  En Afrique, la situation est bien pire : offert gracieusement à des mères sous-alimentées, le lait artificiel apparut comme le seul moyen de faire survivre des enfants voués à la famine. Mais problème : pour être préparé, le lait artificiel nécessite... de l’eau. Véritable bouillon de culture dans ces contrées asséchées, diarrhées et dysenteries firent des hécatombes. Pour en savoir plus sur les mauvaises manières de Nestlé, visitez cette page... Et celle-ci, pour vous mettre au courant de la loi en vigueur sur les publicités pour les laits en poudre... savez vous qu’elles sont interdites ? Enfin, il faut savoir que le lait de vache, qui compose le lait en poudre, se digère beaucoup moins bien que le lait maternel, et que surtout, il prive bébé des immenses avantages pour sa santé du lait maternel... Cliquez ici pour en savoir plus ! 

 

Ajoutons à cela les raisons toutes culturelles... l’allaitement, c’est bien connu, ça fait pendre disgracieusement les seins, ça empêche de retrouver la ligne, c’est douloureux, contraignant, et fatiguant. Imaginez : si vous optez pour l’allaitement artificiel, vous devrez nourrir bébé toutes les trois heures dès la naissance, alors qu’au sein, cela risque d’être, au début, toutes les heures, voire demi-heures... Impossible de dormir !

 

Heureusement, aujourd’hui, la raison nous revient. Si on trouve toujours des mères pour refuser l’allaitement, les autorités médicales, telles l’OMS, en reconnaissent les indéniables avantages. L’OMS, donc, conseille d’allaiter au minimum son enfant pendant 6 mois, et au mieux pendant 2 ans, ce qui en fait tout de même bondir plus d’un... Et tout de même, faudrait voir à pas trop faire culpabiliser les mères qui ne veulent pas allaiter...

 

Non seulement je suis POUR l’allaitement maternel, mais en plus je suis résolument CONTRE l’allaitement artificiel, et je compte bien faire culpabiliser celles qui ne veulent pas entendre parler d’allaitement au sein.

 

Voici mon expérience.

 

A vrai dire, je ne me suis même pas posé la question, il était évident que j’allais allaiter, disposition psychologique idéale pour un bon allaitement... doutez, et les emmerdes commenceront (je vous le rappelle, l’être humain est un être psychologique, la somatisation, c’est sa spécialité). Depuis le CP, je sais que je suis un mammifère parmi d’autres, et que les mammifères n’ont des mamelles que dans le seul but de nourrir leur progéniture avec leur lait. Et la nature faisant bien les choses, je ne doute pas un seul instant que mon lait contient tout ce dont bébé à besoin, et qu’en revanche, l’être humain étant faillible et un peu con sur les bords, tout ce qu’il créera, ne sera toujours qu’un ersatz de ce qu’est capable de faire la nature. Exit le lait artificiel.

 

Ensuite, j’ai été familialement bien conditionnée : notre mère nous a tous allaités. Aucun de nous (nous sommes six) ne souffrent d’allergies ou de maladies quelconques. Nous n’avons pas été des bébés à otites, à coliques, à asthme, à bronchites etc... Toutes choses désagréables dont souffrent les milliers de gosses au lait nestlé. En revanche, il est exact que ma maman a les seins qui pendent... à 50 ans... mais vous verriez sa silhouette, c’est à se demander d’où elle a sorti ses 6 mômes !

 

Enfin, ma gynéco a parfait le boulot : invétérée de l’allaitement maternel, elle m’a bien conseillée, et l’hôpital qui m’a accouchée également. Ca aide.

 

L’allaitement, ça commence tout de suite après la naissance de bébé : le réflexe de fouissement est quasi immédiat : bébé cherche le téton de maman. Donnez le lui ! La production de lait par la mère est également automatique : une mère qui ne produit pas de lait, ça n’existe pas, ou alors c’est qu’elle n’a pas de seins. A la limite, péridurale, césarienne, et autre antibio peuvent perturber la production de lait, mais ce n’est jamais définitif. Au début, les seins ne contiennent que du colostrum : par ce concentré, la mère partage avec le nouveau-né ses défenses immunitaires. La montée de lait s’effectue dans les jours qui suivent, lorsque le bébé aura stimulé les mamelles par des tétées nombreuses et fréquentes. Les seins deviennent chauds, tendus, et le lait arrive comme par miracle, en quantité toujours suffisantes et nécessaires : c’est bébé qui stimule, selon ses besoins, en demandant le sein. C’est donc « à la demande » qu’on le lui donne, oubliez les « tétées toutes les trois heures », à la demande vous dis-je ! Vous dormirez moins que la voisine de chambrée qui donne le biberon, mais au moins, bébé ne s’épuisera pas en pleurs, dans l’attente de son biberon... Manger, dormir, manger, dormir, la vie est belle...

 

Il est exact que ça fait mal aux seins... au début. La douleur n’est pas la normalité ! Il est en revanche crucial de bien installer bébé, et de le changer fréquemment de position en cas de crevasses. Vous devez être confortablement installée, et lui aussi. Il doit prendre un maximum de l’aréole dans le bec, et pas seulement le téton. Attention, c’est lui qui gère les tétées, pas vous ! Si vous l’affamez sous le prétexte fallacieux de vouloir bien dormir, il se ruera sur votre téton comme la misère sur le monde, l’engloutira sans patience, et dans la douleur en ce qui vous concerne... Ensuite... vivez seins nus ! Ca en a choqué quelques uns à l’hôpital, mais pour ne pas voir mal, vos seins doivent sécher entre deux tétées. Enfin, je le répète, la nature fait bien les choses : le meilleur produit contre les crevasses, et il y a des chances que vous en ayez, c’est votre propre lait... Avant chaque tétée, exprimez quelques gouttes de lit pour ramollir les chairs et facilitez le début d’éjection (parce qu’il faut quelques secondes pour que le lait jaillisse, secondes pendant lesquelles bébé tète comme un forcené... aïe !), et en fin de tétée, faites de même pour cicatriser les éventuelles séquelles... Si tout ça ne suffit pas, optez pour la lanoline, graisse de laine, que vous étalerez régulièrement sur vos tétons et aréoles. Mais d’autres soucis peuvent surgir, comme des mycoses, ou des engorgements... Là, le violet de gentiane (mycoses), ou la teinture mère de calendula appliquée en compresses (engorgements) font des miracles. Consultez également ces pages pour en savoir encore plus. 

 

On a donc mis ma petite Lola au sein à peine sortie de mon ventre... Comme je l’ai déjà dit, elle n’a pas tourné autours du pot, à croire qu’elle a fait ça toute sa vie, une vraie pro !

 

Les premiers jours ont été un peu difficiles à vivre... bébé demande fréquemment, de jours comme de nuit, et là, il est impératif de se reposer pour que les choses se passent bien... j’ai donc passé mes journées à dormir dès que j’en avais l’occasion. Mais ça a payé... J’avais entendu dire que la montée de lait prend jusqu’à 5 jours, et qu’en attendant, bébé perd un dixième de son poids de naissance, poids qu’il ne recouvre qu’après des jours voire des semaines. Eh bien, j’ai eu du lait dès le lendemain, et bébé a perdu... 100 grammes, a retrouvé son poids de naissance en 2 jours, et est sorti de l’hôpital en faisant exploser tous les tableaux de courbes de poids. Née à 2,475 kilos, elle est rentrée à la maison avec une charge pondérale de 2,7 kilos. Un exploit que les sages-femmes ont gentiment salué.

 

Ah oui, autre avantage de l’allaitement au sein : lors des premières tétées, des contractions surviennent, heureusement moins douloureuses que celles de l’accouchement ! Cela est dû à la libération d’hormones au cours de la tétée, qui servent à remettre l’utérus à sa place... sans cela, c’est-à-dire en cas d’allaitement au biberon, c’est un peu plus long, et les risques d’hémorragies sont plus élevés...

 

Bien sûr, je n’ai pas été épargnée par les ptits bobos, mais c’est resté très limité. Comme je le disais, je vivais nibs à l’air de jour comme de nuit (j’ai quand même rangé l’attirail quand un monsieur entrait, je veux gêner personne...), et j’appliquais soigneusement colostrum et lanoline. Aujourd’hui, 9 jours après l’accouchement, mon sein gauche est parfaitement remis, quand le sein droit est encore légèrement endolori. Surtout, ne pas désespérer, mon allaitement commence trop bien pour tout gâcher maintenant.

 

La veille de ma sortie d’hôpital, bébé ne réclamait plus qu’une fois par nuit, ce qui est largement vivable. En revanche, arrivée à la maison, la première nuit a été un véritable enfer... En l’espace de 6 heures, bébé à voulu téter 10 fois... aïe les tétons, et bonjour la tête de la maman le lendemain. Que faire quand bébé demande autant ? Il ne peut pas avoir faim, il vient de manger ! Et pourtant si... il a faim. Bon, pas toujours toujours, j’ai bien senti que de temps en temps, je faisais office de cheuloche... A vous de faire la différence : un bébé qui a faim ne se rendort pas ! Aux premiers grincements venant du berceau, attendez quelques secondes. S’il se rendort, bonne nuit. S’il grimpe dans les tours... bonne tétée ! N’oubliez pas que son estomac ne peut contenir initialement pas plus que le volume d’une balle de golf, et qu’il va devoir multiplier son poids par six en quelques mois... Aujourd’hui, les nuits sont plus calmes, mais il arrive que la journées, les tétées soient très longues, jusqu’à une heure, et entrecoupées : bébé tète, relâche le sein, je le change, je joue avec, le donne au papa, il retète, s’endort. C’est tout à fait normal. Ses temps de veille s’allongent, et invariablement, ils commencent et finissent par une tétée. Parfois, en particulier lorsque la veille Lola a été très demandeuse, j’ai tellement les seins gonflés que je n’ai qu’une hâte : qu’elle se réveille !

 

Bien entendu, il va de soi que cela ne me coûte pas un radis, alors que les prix des laits en poudres sont à s’arracher les cheveux... sans compter que c’est toujours prêt, toujours à la bonne température, et administrable dans la seconde...

 

Certaines mères se demandent si bébé mange assez : en effet, on ne contrôle pas la quantité ingurgitée comme on peut le faire avec un biberon... Plusieurs indices pour savoir si bébé boit, tout d’abord : s’il y a des entrées, il y a... des sorties. Bébé fait caca ? Alors bébé boit. Ensuite, vous l’entendez pendant la tétée, déglutir, avaler... Enfin, boit-il assez ? Oui, si vous lui donnez le sein à chaque fois qu’il le réclame : c’est lui qui sait, c’est lui qui gère, et il le fait très bien.

 

 

Je finirais en mentionnant l’indicible plaisir qu’il y a à donner le sein... coller tout contre vous, ses yeux amoureusement plantés dans les vôtres, quoi de plus agréable que de se faire tétouiller par la première merveille du monde, et d’entendre ses soupirs de plaisir ?

jeudi, 31 janvier 2008

Accoucher

Lola est nourrie, propre et endormie, le babyphone branché à portée de main, ce n'est pas fait pour durer, alors hâtons nous...

 C'est plus facile d'en parler maintenant que le temps a passé, mais je dois dire qu'il m'a fallu un peu de recul pour apprécier ma nouvelle situation... Faire un enfant dans l'ignorance de ce que sera l'accouchement, passe encore, mais réitérer l'exploit m'a paru vraiment louche. Ce n'est pas douloureux, non, c'est au delà de ça. Mais ça se fait, finalement. Heureusement, le temps s'écoule, et les choses se font.

J'ai longuement hésité à en faire le récit. C'est à la fois trés intime, trivial, et obscène. C'est de la bidoche à vif, des liquides corporels au large, du sang, des tripes, et plein de mots tabous. Mais c'est tellement humain.

Alors voila, accoucher, c'est ça, enfin, pas tout à fait... Pour moi, en tout cas, ça a été ça. Il y a autant de récits qu'il y a de bébés, c'est une expérience que je suppose à chaque fois nouvelle.

44a00bde750d3b94de9538aaece0732d.jpgACCOUCHER

 

Ce matin, mercredi 23 janvier, je me réveille toute chose. J’ai le ventre qui travaille. Ca tombe bien, aujourd’hui, c’est visite à l’hôpital. Je chausse ma MimiCracra, et je m’en vais par monts et par vaux vers le monde blanc et aseptisé de l’hôpital Philippe le Bon...

 

Je n’apprécie pas particulièrement mon gynéco, déjà, c’est un homme, ce qui me parait être une tare insurmontable pour ce métier. A sa façon de vous sonder de l’index et du majeur, on sent qu’il n’a pas d’utérus, lui. Je lui explique que j’ai mal aux reins et le ventre bizarre... il me met sous monitoring... verdict : rentrez chez vous, les contractions ne sont pas régulières. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’elles ne le seront jamais ! Je rechausse ma Mimi mais le temps de passer à la Poste, la banque et le toutim, c’est intenable, les reins, les reins ! A mi-chemin, je n’y tiens plus, je fais demi-tour, et retourne à l’hosto. Même verdict, rentrez chez vous !

 

Ben non, chez moi, c’est trop loin, je pourrais jamais conduire jusque là... je chope l’option « meilleure pote », qui habite sur place, parce que moi, je sais que c’est pour bientôt...

 

Je me gare en chiasse, et claudique jusque chez elle, ça devrait être interdit de laisser une femme dans cet état sous prétexte que les douleurs sont encore supportables. Je mange un bout, appelle mon mari, qu’il vienne me chercher, pas question de reprendre le volant. C’est en repartant que les choses se confirment, je n’ai pas fait 20 pas dans la rue, que je me déverse 1 litre de flotte sur les genoux. Cette fois, ils ne pourront pas me mettre dehors.

 

Il est 17H. C’est là que commence la longue, longue attente de l’heureux évènement... on me sonde, on écoute son cœur, on teste mes contractions, toujours pas régulières, soi-disant... Enfin, on me trouve une chambre, et l’attente recommence... dans le lit d’à côté, une femme attend qu’on déclenche son accouchement : bébé est trop gros pour qu’on attende le terme. Elle va attendre longtemps, apparemment, la maternité connaît un de ces rares jours de grande affluence, et aucune salle d’accouchement n’est disponible pour elle (et pour moi alors ??)

 

On me file un gros ballon sensé me soutenir, puis on m’oublie soigneusement. De temps en temps, on vient m’annoncer : « 2 doigts et demi », « 5 cm », enfin « 7 cm ». Je désespère, c’est long, et ça fait supra mal. Non, pas de péridurale, merci. Suffit de souffler, lonnnguement, de pousser un peu l’air vers le bas du ventre, de rester calme, de marcher, de demander au chéri de poser les mains sur le ventre, les reins. L’un dans l’autre, ça se fait. Les pics de douleurs vont, viennent, rester calme. Finalement, les bons gestes, la bonne respiration, viennent d'eux-mêmes.

 

Et puis à un moment, il ne doit pas être loin de minuit, ça suffit plus, une chose incroyablement douloureuse se produit : il bouge, très bas, et tout ce qui vous passe par la tête, c’est l’envie d’hurler, que ça s’arrête. Je ne peux plus parler, même plus écouter. Qu’on m’achève, pitié. Envie de gifler, de mordre. Puis un dilemme s’impose : comme il est impossible de marcher jusqu’à la salle d’accouchement, va falloir s’asseoir dans cette foutue chaise roulante. Je m’y cramponne, raide comme la jambe d’un mort, il remue, c’est insoutenable !!! Les nerfs lâchent par à coups, et puis je me ressaisis, parce que c’est encore pire quand on se maîtrise pas. Souffler, ça va passer, faut que ça passe... On me fait patienter, les accouchements se suivent à la chaîne, et la salle n’est pas prête, je suis dans mon couloir, à tenter de dominer la douleur. Enfin, on me hisse sur ce foutu lit, on me met les gambettes en position réglementaire, me passe une chemise, les sages-femmes affluent. D’abord, elles bougent doucement autours de moi, qui peine, qui souffle comme un noyé, qui me remplit de tout l’air possible, je vais mettre l’hôpital sous vide si ça continue. On me félicite, on me dit que j’assure, que je fais ça très bien, de continuer comme ça. Je crie, par intermittence, bon dieu, ça fait mal. Mes poumons, ma tête, mon ventre gémissent.

 

Puis il y a comme un signal de départ, elles s’agitent d’un seul coup, elles sortent des trucs et des machins, je me sens couler, et là, je gueule pour de bon : il est descendu dans le bassin, dans quelques minutes, Lola sera là, qu’on me dit. Je n’y crois pas, pour moi, ça va durer encore et encore, c’est parti pour une éternité, jamais ça ne s’arrêtera... Je crois que je préfèrerai mourir, à ce stade. L’envie de mettre une grande claque au premier qui passe me revient en tête, bêtement. Le monito bip. Le papa est toujours là, il m’aide de toutes ses forces, il me fait respirer, me ventile, me brumise un peu d’eau, me tient la main. Moi, je me cramponne au lit derrière ma tête, je m’allonge autant que faire se peut. Quand une contraction arrive, je souffle, quand elle passe, jamais assez longtemps, je souffle aussi. C’est hallucinant, comment la douleur peut-elle encore augmenter, à chaque fois je me dis que le maximum est atteint, mais non, chaque instant en augmente l'intensité. Ca s’agite de plus en plus autours de moi, on me tend un masque, je m’y accroche comme une bouée, apparemment un peu trop, je me sens partir, dormir, le papa appelle, que je reste consciente, mais dès que les contractions passent, je pars, je dors... Complètement stone, la fille.

 

Et puis arrive le fameux : « poussez madame ! », la tête est là, à portée de doigts. Pousser, dans ce cas là, c’est faire en sorte que vos propres organes vous sortent du corps, sensation assez étrange, mais absolument spontanée, pas besoin de vous expliquer la marche à suivre, ça vient tout seul. Je pousse, alors. Mais c’est comme pisser dans un violon. Je crois bien que je hurle très fort, à chaque fois, parce que ça aide. Et puis... et puis plus rien, plus de contractions, plus d’envie, ni de possibilité de pousser, le monito bip de moins en moins vite, et d’un seul coup, le docteur est là. Il dit qu’il ne sait pas comment est positionné le bébé, il me dit de pousser encore, mais je ne peux pas, je ne suis plus qu’un grand cri de douleur, je sens qu’il me touche le seuil du vagin, une sensation très très inconfortable, brûlante. J’apprendrais ensuite que c’était pas son doigt.

 

Je ne pousse toujours pas, et le docteur à un drôle de truc entre les mains, en forme de cloche. Le monito ralentit, ralentit, je sais que c’est pas bon, que ça signifie que bébé souffre et que son cœur ralentit, mais je n’y peux rien. Je me sens incroyablement impuissante. On fait sortir le papa. Et là, nouveau palier de douleur, les mots manquent à ce stade, je ne peux que rajouter des superlatifs. Je me sens me déchirer, ça brûle. Cette fois, le gynéco me donne des ordres, en même temps qu’il greuille et farfouille là-dedans : « poussez, aidez-moi ! », et puis « allez, on sors les épaules ». Je vagis, bon dieu, quoi, les épaules, ça y est ? Je pousse, une fois, deux fois. Oui, ça y est, la douleur retombe brusquement, et le docteur à un truc vert, rose, rouge, gigotant, dans les mains, tête en bas : c’est mon bébé... Le papa revient, il pleure, il a eu peur, peur pour le bébé, et mal pour moi, lui qui s'était promis de rester stoïque.

 

Il est 2H23, Lola est née, par voie basse instrumentalisée comme on dit. J’ai l’impression désagréable d’avoir raté quelque chose, d’avoir été hors du coup. Finalement, on est la moins bien placée pour savoir ce qui se passe, entre vos deux jambes. C'est peut-être mieux comme ça, de ne rien voir... Mais ça y est, bébé est sur mon ventre cette fois, je sens sa chaleur, son poids, je vois ses yeux, elle a son pouce dans la bouche, elle est incroyablement calme. Elle va très bien, malgré son poids de brimborion. On me la met au sein, et c’est comme pour parler de la douleur qui m’envahissait quelques minutes plus tôt, les mots manquent pour parler du bonheur, de la joie, de la douceur de cet instant. Elle se débrouille comme une chef, en deux temps trois mouvements, elle a le téton dans la bouche, elle pourrait en remontrer aux agneaux du papa...  J'ai envie de rire, de dire merci, je ne m'en prive pas.

 

Maintenant, je veux qu’on me fiche la paix. Mais non, ce  n’est pas fini. Après quelques minutes de calme, on me l’enlève, et les sages-femmes s’y mettent à trois pour me martyriser le ventre, pour faire sortir le placenta. Ca fait bondieusement mal, je les en empêche, je leur enlève les mains, leur arrache les doigts. Elles me menacent : soit je pousse, mais j’en suis incapable, soit je me laisse faire, soit elles vont la chercher à la main, cette foutue poche. Je prends la seconde option, mais bien à contrecoeur, et sans tout à fait les laisser faire. Je voudrais vraiment, vraiment, qu’on arrête de me faire mal, mais même une fois la poche sortie et vérifiée, il reste du petit boulot de couture... la sage-femme me ment à chaque point qu’elle fait, me faisant croire que c’est le dernier. Ca dure une éternité, rien que la piqûre sensée endormir la zone fait mal. Et même après, ça reste douloureux. Elle me recoud donc, moi tétanisée à l’idée de ce qu’elle est en train de faire, les jambes tendues dans les étriers. Mais enfin, enfin, c’est fini.

 

J’ai mis au monde mon enfant, je l’ai fait. Et je n’en suis pas peu fière.

Faire-part

Le soleil du 24 janvier n’était pas encore levé, que Lola, fille de Volu et de Poilu, voyait le jour.

Ses yeux sont des mines d’anthracite, ses oreilles deux coquillages, son nez un mont de douceur, sa bouche une œuvre d’orfèvre... Sa coiffe de punk, son poids minimaliste, son appétit gargantuesque et sa voix puissante en ont bouleversé plus d’un !

 

Sans plus attendre, je vous présente la merveille que Volu gardait en son sein (et qu’elle nourrit selon le même mode) : Lola !

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dimanche, 20 janvier 2008

Accoucher : une expérience orgasmique ?

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efe86ffd5e2d9eff2da07d24bac6fef9.jpg " Accoucher : une expérience orgasmique

Douloureux, l’accouchement ? Katrina Caslake, elle, a trouvé cela divin, voire orgasmique. “C’était une expérience très sensuelle”, commente cette sage-femme de Wallington, qui a mis au monde (sans péridurale) ses deux fils, aujourd’hui âgés de 17 et 18 ans. “Toutes mes zones érogènes étaient stimulées. Je poussais des cris très proches de ceux de l’orgasme. De fait, c’était un véritable orgasme. Je vivais la chose la plus féminine qui soit donnée de vivre à une femme et c’était fantastique.” Même souvenir pour Frederika Deera. “Cela m’a remplie d’une euphorie indescriptible”, se rappelle cette attachée de presse qui a donné le jour à sa fille Delphine il y a deux ans à l’hôpital de Portsmouth. “C’était le nirvana : on a dû me faire une suture très importante, mais ça ne m’a même pas gênée.”


C’est cette expérience “jouissive” qui a poussé Katrina Caslake à devenir sage-femme. “Je savais que je n’étais pas un cas isolé”, explique la praticienne, qui travaille aujourd’hui pour Yours Maternally, un service d’obstétrique indépendant. “En encourageant d’autres femmes à faire confiance à leur corps et à se détendre, je me suis dit que je pourrais les aider à vivre des accouchements moins douloureux, plus agréables.” Même approche au Birth Centre, dans le sud de Londres, où Nathalie Mottershead, sage-femme, encourage activement l’accouchement sensuel. “Si les couples sont d’accord, on pratique des massages des mamelons et du clitoris pour faire apparaître les contractions, favoriser l’ouverture du col et du vagin et contribuer à soulager la douleur.” Objectif : faire de l’accouchement un moment de plaisir, voire d’extase. “Nous travaillons en étroite collaboration avec les femmes pour qu’elles puissent accoucher à domicile. Si les futures mamans acceptent de se sentir sexy, le travail peut être agréable, indolore, et le plaisir peut aller crescendo jusqu’à la naissance proprement dite.” “Si la femme se sent suffisamment à l’aise pour accepter une stimulation des mamelons et du clitoris pendant l’accouchement, cela aide à lutter contre la douleur et ça facilite le travail”, confirme Andrya Prescott, porte-parole de l’Association des sages-femmes indépendantes. Un petit tour sur le site Internet de l’Organisation américaine pour les naissances non assistées confirme à quel point l’accouchement peut être érotique. Le site décrit en détail des fantasmes de femmes où romantisme et rapports sexuels se traduisent par des “vagues de plaisir” et des “orgasmes cosmiques” au moment de la naissance. Manifestement, les femmes qui grimpent aux rideaux lors de l’enfantement sont plus nombreuses qu’on ne le croit. Sur les 151 femmes interrogées par la sage-femme américaine Ina May Gaskin, 82 disent avoir vécu au moins un accouchement orgasmique. Certes il s’agissait de naissances à domicile et de femmes ouvertes à ce type d’expérience. Mais les avantages sont loin d’être négligeables : un seul et unique orgasme serait 22 fois plus puissant qu’un calmant moyen, et l’excitation sexuelle entraîne une ouverture très sensible du vagin.
“Les femmes y réfléchiraient peut-être à deux fois avant d’accepter une péridurale si elles sa­vaient tout ça, mais personne n’en parle”, déplore Ina May Gaskin, pionnière de l’accouchement naturel, qui fut la première à découvrir la possibilité de l’orgasme pendant la naissance.


Mais il y a un hic : comme toute activité sexuelle, l’intensité du plaisir dépend largement de l’état de relaxation, de confiance et de sécurité que ressent la femme. Or la majorité des parturientes redoutent l’“épreuve” de l’accouchement. Ces craintes se traduisent, avant même le début du travail, par des contractions musculaires et une hausse du taux d’adrénaline. “Le problème, c’est que cette hormone inhibe le désir sexuel et freine les contractions, souligne Andrya Prescott. On est plus tendu et plus sujet à la douleur. C’est pour ça que le travail et la naissance à l’hôpital peuvent être mal vécus. Entourées d’étrangers, les femmes ont un taux d’adrénaline élevé. Dans ce cas, même si elles sont a priori partantes pour une stimulation sexuelle, elles peuvent aussi bien faire une croix dessus.”


Aujourd’hui encore, le sujet est tabou. “Beaucoup de femmes ont peur d’être considérées comme perverses ou anormales si elles admettent avoir des sensations sexuelles pendant l’accouchement”, souligne Carolyn Cowan, professeur de yoga. “Je donne des cours de danse érotique pour femmes enceintes, pour essayer de les débarrasser de ces inhibitions. J’ai deux ou trois trucs à leur apprendre – il a fallu que j’accouche de mon fils pour trouver mon point G.” L’excitation sexuelle provoque la sécrétion d’ocytocine, une hormone qui favorise l’affection et l’attachement, à l’origine des contractions utérines dans l’accouchement et dans l’orgasme. Il s’agit par ailleurs d’une endorphine : elle génère du plaisir tout en étant un puissant analgésique. Dans l’accouchement sensuel, le nourrisson n’est pas en reste. Inondé d’hormones du bien-être, il aura plus de chances de venir au monde heureux et détendu.

Anastasia Stephens
The Independent

 

dimanche, 30 décembre 2007

Neuf mois tout ronds

3ef2e54372bf833131640849ebd01ed1.jpgDélivrance est un mot qui conviendra bien...

 Je me sens tellement lourde, et dure, et tout devient compliqué : m'approcher d'une vitre, de l'évier, mettre mes chaussettes, me baisser, me relever, m'asseoir, dormir...

 Après la fameuse fausse alerte à laquelle bien peu échappent, dans notre excitation, le docteur m'annonce ce dont je me suis toujours doutée : j'ai l'utérus tonique ! Et toujours bien clos, ce bébé, je peux l'amener jusqu'au "bout". J-26, officiellement, mais "ça" peut survenir à tout moment...

 Sa chambre et son trousseau sont prêts, notre nid, notre vie n'attendent plus qu'elle, et comme sa mère, la chipie aime à se faire désirer. Je lui passe de la musique (Angelo Branduardi et les classiques musiques classiques) douce, monsieur la masse, elle fait alors le dos rond, fait la ronde, joue à la marelle, sautille, danse sous mon coeur... Elle est dans les starting-block, en position de départ et, tout, absolument tout, se passe à merveille. Je peux le répéter, encore, j'aurais eu une grossesse plus qu'heureuse, idéale. Pas un souci, pas une complication que certaines s'acharnent à aligner sur leur blog et autres forums.... c'est presque louche ! Elles sont sont toutes obsédées par le poids que fera le petit être, et moi, je vais réussir le miracle de faire un bébé plus gros que moi ! Que demande le peuple ?

Pour passer le temps, mes mouvements et mes activités étant trés limités, je bricole un petit Carnet de Lola, dont je me doute qu'elle se foutra pas mal quand elle aura l'âge de le lire, mais qu'importe ? passer le temps... J'ai hâte d'y être, et l'impatience prend le pas sur la peur... Cette dernière ligne droite est éprouvante, l'échéance est là, sous mon nez, à portée de coude, on parle d'elle, on la voit, on l'aime déja !

C'est quoi devenir maman ? C'est pas juste prendre amoureusement le papa entre ses cuisses (même si c'est déja un bon début), pas seulement le porter 9 mois (même si ça laisse à peu près le temps de se poser la question), pas juste enfanter dans la douleur... c'est tout ça : aimer et subir. Pour vous dire : voila plusieurs mois que je fait mes comptes (!!!!), que je tiens la maison propre, que le linge n'a pas de retard dans les corbeilles de la buanderie, que je me lève tôt (sauf peut-être ces derniers jours de fête, mais aussi de difficultés point de vue boulot du papa, qui s'en trouve profondément affecté et traine au lit plus longtemps qu'à son tour...). No more cannabis, et ça, c'était pas gagné. Et puis le boulot qui m'attend tout au bout, dans un futur lointain mais non moins angoissant : ma scolarité étant sérieusement amputée, j'entrerais directement en poste en septembre prochain, après quelques semaines en IUFM... et une batterie d'inspecteurs pour inspecter mes capacités. 'l'a pas intérêt à se vautrer la Volu, bonjour l'avenir autrement... Mais j'y crois ! 2007 m'a souri, va falloir assurer pour que 2008 suive, mais en même temps, j'ai posé les bons rails... J'ai honte, tellement honte, d'aller si bien, de voir mes projets réussir, ma grossesse bien se passer, mon amour s'épanouir... La vie est injuste, bordel de dieu ! Je la croque, je la bouffe, je m'en délecte, je m'en met plein partout, ça dégouline au large ! Bienvenue dans le monde de Volu.

Et merci à vous, qui vous lassez à peine de ne plus me voir... Merci, et à bientôt.

mardi, 30 octobre 2007

Septième Round

Des nouvelles fraîches, pas des vieilles de l'an dernier, c'est promis.

Mais comme il faut bien commencer par quelque part, parlons d'il y a quelques semaines.

Il y a deux mois, nul ne l'ignore, la Volu a pris ses fonctions. Cours et stages intéressants, à ceci près que c'est loin. Après un (ou à cause d'un) démarrage pépère, les choses se corsent, financièrement, physiquement, amoureusement et tout ce qu'on veut. Ce qui m'inspire ceci, une note avortée, griffonnée à la faveur de la lampe de chevet du lit d'un modeste Etap Hotel, une nuit où la conversation téléphonique a été plus dure que d'habitude :

MES NUITS SONT PLUS BELLES QUE MES JOURS

(Et pourtant, je ne dors pas)

 

Un téléviseur encore en noir et blanc ne se sentirait pas autrement, si on lui demandait de retransmettre un documentaire en numérique sur les couchers de soleil dans les mers du Sud : un peu dépassé, saturé, honteux de son incapacité à se donner d’autres moyens... Je suis actuellement en basse définition, plus un neurone pour gérer une émotion de plus ou stocker une information supplémentaire. Plus de place pour avaler un gramme d’air. On est deux sur l’affaire, à tenter de rafler ce qui me reste encore de jus.

La voûte de mes pieds et mes genoux portent 8 kilos de plus, mon emploi du temps déborde de tous les côtés et l’espace à parcourir est 1000 fois trop grand. Alors je cours. De cours en cours. De fiches de prép’ en lectures préparatoires. De cantines en restaus, d’hôtels en studios, et de trains en taxis, mais ça ne suffit toujours pas. J’ai soif et envie de pisser, faim et l’estomac lourd. J’ai mal au crâne et je ne peux pas dormir, du boulot et de la fatigue. Je crois que ça ne se voit pas encore : je souris parce que j’aime ce que je fais.

Mais le soir, quand tu raccroches le téléphone, je pleure un peu. Je voudrais tes bras, y déposer l’espace-temps, m’y étirer par-dessus et ne plus bouger, dormir sans prévision de réveil.

Allez, encore trois semaines. A m’agiter. A tenter de diffuser de la couleur sur mon écran noir et blanc.

Cette nuit-là, je décidais donc de continuer, au moins jusqu'aux vacances. Deux jours plus tard, je décidais le contraire.

Parce que bébé commence à prendre sa place, dans la tête, dans le ventre, et de la cave au grenier. Et dire que ça va être haut comme trois pommes...

Depuis cette nuit-là, j'ai repris une rasade de kilos, et une taille de soutien-gorge. Et dire que j'avais ce potentiel ahurissant, sans m'en rendre compte... Désormais, je ne pourrais plus dire sans mentir : "J'ai de petits seins", phrase qui, je le sais, produit son petit effet. N'ayons pas peur des mots : ce sont des pis. Je deviens large et lourde, je me cambre, je dois rouler pour me lever, mon souffle se raccourcit. Ma vessie se sent plus pisser. C'est tellement étrange de se voir changer ainsi, de semaines en semaines, de jours en jours... de secondes en secondes ! Une goutte luisante qui jaillit d'un téton, une bosse qui se forme sur le ventre : les premières sensations de ses mouvements sont bien loin, il n'effleure plus, elle me bosselle, m'ondule, me gondole, vibre.

J'attaque le spetième round, et ça m'inspire ceci : un panachage des rares photos que j'ai prises de moi depuis le début de ma grossesse, et, comme c'est bizarre, ça donne cette espèce de mosaïque rose cotonneuse, un peu mièvre, malgré les ogresses ventrues qui la hantent...

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Alors voila, nous en sommes là. Entre temps, j'ai perdu Catt de vue, et quelques autres aussi. J'ai planté mon blog, et je n'ai toujours pas tout à fait retrouver le temps que je voulais lui consacrer. Le dernier Harry Potter est sorti (hum), et à ma connaissance, j'arrête toujours de fumer. L'infirmière me massacre les veines, ma moman part à l'étranger. Je me branle deux fois minimum par jour, et le papa est bien embêté... Le bébé prend les grammes réglementaires (même si sa taille en fait toujours parler quelques uns), la maman se repose. Je crois même que tout bientôt, je vais arrêter d'être cette bête piétonne que je suis, ô rage, ô desespoir, toujours.

A part ça... s'il se passe quelque chose, vous serez les premiers avertis.

dimanche, 01 juillet 2007

Vous croyez le corps de la femme fait pour le plaisir...

3b7f1cf9296e38f06d1d0c51f28c7d2e.jpgCette peau douce et satinée, élastique sous les doigts, au duvet léger et transparent... Ces cheveux aux boucles soyeuses, où vos doigts s’emmêlent pour un au revoir, un bonjour, un reste-là... Ces yeux tendres tout prêts à recevoir les larmes de la peine de cœur, de la passion et de la reconnaissance sans bornes, aux cils démesurés et papillonnants... Ce nez mutin frémissant aux odeurs sensuelles de l’alcôve, aux parfums chargés de fruits et de fleurs... Cette bouche en cœur, qui crie, qui pleure, qui susurre et jouit, qui sourit, qui mord, qui suce, qui avale, gobe, caresse, aux lèvres charnues et pulpeuses, roses, rouges, tendres.... Ce cou fin et délicat en corbeille à baisers, en oreiller, en repose-tête, qui dégage ce fin menton et l’ovale ravissant de leur doux visage.... Ce cerveau, léger et désinvolte, qui perd vite le nord, la tête, le haut et le bas, prêt à toutes les folies, et sans souvenir de l’avant-veille... Cette poitrine généreuse qui appelle le creux de la main, où se promène les doigts, la langue, aux tétons thés et pointant sous le coup du froid comme du chaud, tendus comme un seul être vers votre bouche.... Ses mains graciles et habiles, qui empoignent et branlent, fouillent, et, coquettes, se parent, de bijoux, de vernis, de larmes... Ce ventre plat et tendu, nerveux et poli, qui palpite au moindre frisson.... Cette touffe moite et charnue, véritable puits de plaisir où se perdent toutes les mains et toutes les queues, qui avalent sans fin et crachent sans honte.... Ces jambes en aiguilles, longues, galbées, s’écartant à l’infini, jusqu’aux oreilles s’il le faut, qui marchent, courent se pressent vers l’amant impatient, qui plient sous lui, lui ouvrent le chemin, le guident, l’attrapent... Ces pieds mignons, sensibles et délicats... Charmant, non ?

 

Foutre, je rigole. L’amour a son pendant, bien plus émotionnant, finalement, et peut-être un peu moins rigolo : la procréation (un mot aussi pas beau que « aménorrhée »...).

 

5ed431310beeadea08e24b04d0193701.jpgCette peau élastique est faite pour se tendre, de bas en haut, et sur les côtés : il s’agit d’ajouter parfois jusqu’à une vingtaine de kilos, à répartir sur les seins, les fesses, les hanches, et surtout, le ventre. Ce ventre qui conçoit, se remplit, élabore, synthétise, fait communiquer future mère et futur enfant.

 

Ces yeux, cette tête, ces pensées, s’attendent au pire, comme au meilleur, ils calculent, évaluent, supportent les soucis, la douleur et la rude responsabilité d’être mère. Ils pensent aux courses à faire, aux jouets à ranger, à la cuisine à cuisiner. Au mari qui rentre tard, aux enfants qui rentrent tôt, ou jamais quand il faut. Au temps qu’il fait, qu’il va faire, au linge à laver, étendre, ramasser, plier, ranger. Ils évaluent les distances entre les marches de l’escalier et la tête de ce charmant bambin, la férocité de la grippe, la douleur de cet enfant qui ne sait pas encore s’exprimer et qui a ses dents à faire pousser. Ils comptent le nombre de couches restantes avant la cruelle pénurie, les sous sur le compte en banque, ou ceux qui manquent et qui pourtant étaient bien là, encore ce matin, dans le porte-monnaie. Elle calcule le pourboire, la monnaie, parcours la liste de course.

 

8fb56a1187171c3e2a75b4100e7054a4.jpgCette poitrine maintenant pendante et lourde, allaite, nourrit, rassure, fait reposer la petite tête chauve du bébé. Elle gicle au moindre retard dans la tétée, elle est douloureuse dès les premiers mois de la grossesse. Elle est mordue, griffée, goulûment happée, mâchonner, vergeturée, crevassée.

 

b8ee1c4b5d3453d1b8be4480c5908339.jpgCes jambes courent, de la garderie à la cuisine, de la chambre au pédiatre, de la grande surface à l’école. Elles ploient sous les sacs de course, s’emmêlent dans la foule, elles se pressent au rendez-vous bientôt manqué, elles s’étendent, épuisées, de tout leur long sur le canapé. Ces genoux font a-dada-sur-mon-baudet, se mettent à terre pour pouvoir ramasser le dégât de nature tachante sur la moquette. Elles sont lourdes, ankylosées, et elles aussi, vergeturées.

 

Ce nez est confronté à des épreuves qu’il ne souhaite à personne. Il détecte la merde qui irrite ces petites fesses, localise celle du chat, sous l’évier ou le buffet du salon, s’alarme à l’odeur qui se dégage du four alors qu’elle soigne le petit bobo de l’aîné. La moutarde lui monte plus souvent qu’à son tour, il est fin quand il s’agit de débusquer le garagiste escroc, l’affaire de l’année, ou le mensonge du petit dernier. Il analyse l’état de saleté (avancé) des chaussettes du cadet, ou l’état de péremption (avancée) de la bouteille de lait au fond du frigo, trouve la pomme pourrie sous le lit du petit.

 

Cette bouche vocifère, hurle, se démène, pour ne pas laisser passer cette monumentale connerie dont elle n’aurait jamais cru sa fille capable. Elle explique, patiemment, ou un peu moins, ce qu’est un mensonge, comment on fait les bébés, et pourquoi on ne fait pas ça, ou ça. Elle coupe d’un coup de dents déterminé le fil qui dépasse de la chemise, teste la chaleur du lait dans le biberon, nettoie la joue pleine de jus de fruit de son tendre bambin. Elle serre les dents pour ne pas exploser, elle se tord dans la tristesse, s’ouvre toute grande pour appeler celui qui n’est pas rentré (t’as vu l’heure ??). Elle soumet le fautif à la question, se pince pour affirmer sa désapprobation, bave devant cette grosse et succulente religieuse au chocolat qu’elle ne peut se permettre d’avaler. Elle a le désagréable rôle de dire non, de dire stop, de refuser, d’engueuler : elle passe pour la chieuse.

 

29c42c887266f1cc591802e0b348b151.jpgCe ventre, avant d’être plat et doux, est surtout fait pour être démesurément gros, et en tout temps, pour contenir ovaires, ovules, vagin, utérus et autres trompes de Fallope, toutes choses fort désagréables quand elles s’y mettent. Faut-il vraiment que je vous explique le calvaire des règles (ou parfois de leur absence), de l’accouchement, de l’IVG, du viol ? Non, allez, je me suis promise de ne parler que d’amour.

 

J’halterais donc là, en omettant ce que certains se permettent sur le corps de la femme, et d’autres choses aussi sympathiques. Et je vous repose la question : le corps de la femme, fait pour le plaisir ?? Oui, mais alors, fait pour le plaisir d’avoir des enfants.

19:05 Publié dans Encyclopédie féminine | Lien permanent | Co