jeudi, 24 mai 2007
Amenorrhé
J’ai tellement mal aux seins… Au réveil, ils sont tendus comme fruits trop mûres, au bord de la gerçure. Ca tiraille, ils sont lourds, gonflés, énormes. Pour la première fois de ma vie, mes décolletés ressemblent à des décolletés. Petite compensation.
Dans mon ventre, c’est chamboulé. Ca tire là, ça gargouille ici. Je mange pour deux, déjà, la balance s’affole. Le ventre, poigné.
Et dans ma tête ? Je me suis dit d’abord : « non, pas possible ». Les mains qui tremblent. Et puis, la tête, tellement contente. Elle galope, elle jugeotte, elle tourne et retourne la chose, la bougeotte des neurones, ils disent « la valse des émotions ».
Je me suis fait un café. J’ai sorti la ptite boite violette, au fond de l’armoire de la salle de bain.
J’ai bu mon café.
Deux petites barres.
Depuis, je n’aime plus le café, je mange des champignons au thon, un œuf à la coque avec ses deux mouillettes en me levant. Du fromage. Plus de clopes. Plus de pétard. Ca me fait tourner la tête, envie de vomir. Pas moyen d’avaler un avocat.
L’utérus mou, ça surprend. Je jouis tellement vite ! Mais mollement. Il ne me sent presque plus autours de lui. Envie, 24 heures sur 24. Plus de sommeil, ou alors si, la journée. Dormir, dormir, dormir. Sieste à 16 heures. Je m’éteins à 22 heures. M’éveille comme une pile à 6 heures. Je traîne, je ne sais pas si je suis molle, ou sereine. Le temps traîne, lui aussi, le réveil, l’horloge, tournent au ralenti. Je m’impatiente. Deviens hautaine, dans ces moments-là, il paraît. Dormir…
Dans l’appareil, la dame me sort un chiffre, supérieur à 7000. J’ai l’impression d’être malade, tous ces mots durs qu’ils utilisent, tous ces gens qui vont être habillés en blanc et qui vont porter des gants, toutes ces sensations pas si agréables, et tous ces conseils qu’on te prodigue. Tous les risques qu’il y a. Et puis de l’autre côté, toutes ces idées qui galopent dans la tête, toute cette joie qui vient d’en bas, du fond, du creux, tous ces sourires que je ferais si je ne voulais pas seulement, dormir…
L’unité de temps, dans ces cas-là, est une drôle de chose. Vous ne pouvez pas connaître les gars. Un nom pareil, ça crisse désagréablement, et en même temps, ça t’impressionne. Nous ne sommes qu’un tas d’hormones, de chair, et de réactions chimico-automatiques. Je suis un corps, fait pour une seule chose, finalement… L’unité de temps dans ces cas-là, disais-je, est le nombre de jours d’aménorrhée.
C’est un nom vraiment pas beau, pour une chose aussi belle. J’en suis à 7 semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. Je suis enceinte. Pour faire encore plus beau et plus simple : j’attends un enfant. Avec impatience, plaisir, et remous.
22:08 Publié dans Encyclopédie féminine | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grossesse, femme
vendredi, 18 mai 2007
Blogcrossage : Vagant
LES FEMMES PREFERENT LES GROS
Moi, je l'ai trouvé par hasard, dans une gare. Je partais passer le week-end en Espagne pour souffler un peu. Seule.
Je venais de rompre avec Jean-Jacques, un délicieux excentrique rencontré dans un bar. J'avais trop vite emménagé avec lui. Enfin, pas tout à fait. Disons plutôt que je l'avais invité chez moi juste après mon déménagement. Je venais de divorcer, j'avais besoin de changer d'air et Jean-Jacques arrivait en coup de vent. Ça tombait bien. Mais après l'avoir vu zoner pendant trois mois dans mon studio, je n'avais plus du tout perçu en lui le délicieux excentrique, juste le crevard alcoolique. Je ne pouvais plus supporter ses caresses osseuses, son haleine éthylique, son Équipe Magazine. Alors je l'avais mis dehors. Enfin pas tout à fait dehors. Jean-Jacques s'était mis à bivouaquer sur le pallier. Il tambourinait à ma porte toutes les nuits. Les voisins menaçaient d'appeler la police.
J'avais préféré ne pas voir ça, j'étais partie en catimini et je me suis retrouvée dans cette gare, avec une heure à tuer avant le départ du prochain train pour Barcelone.
J'ai été à la librairie qui trônait là, entre la pharmacie pour les préservatifs et le café-bar pour se donner du courage. J'ai déambulé un moment entre les rayonnages sans trop savoir quoi prendre, et d'un seul coup, le flash. Franchement, on m'aurait dit que j'allais faire une fixette sur lui, je ne l'aurais pas cru. Au premier abord, il fait drôlement sérieux. Il était là, en tête de gondole, genre sûr de lui. Teint ambré, jaquette rouge chicos, look BCBG, limite austère. Je me suis approchée, l'air de rien, ou plutôt l'air de celle qui cherche un magazine sans prétention, histoire de le reluquer d'un peu plus près par derrière. C'est vrai, quoi, à priori, ce n'était pas du tout mon genre. Je ne m'en étais jamais tapé d'aussi... épais ! Surtout après ce freluquet de Jean-Jacques, un morceau pareil, ça impressionne.
Visiblement pas le genre qu'on achève en un week-end, si vous voyez ce que je veux dire. Si je jetais mon dévolu sur lui, il me faudrait assurer et le ramener à la maison. Bon, pas la peine de vous la jouer suspens, je me suis laissée tenter.
Vous me croirez si vous voulez, je l'ai embarqué dans le train pour Barcelone! Dingue. Impossible de me détacher de lui. Pas du tout collant, c'était moi qui ne parvenais pas à le quitter des yeux. Je ne me reconnaissais plus. Je n'ai pas vu le temps passer.
Arrivée à l'hôtel, je me suis dit "Poulette, t'es venue jusqu'ici pour prendre un peu de bon temps, pour oublier ce pot de colle de Jean-Jacques, c'est pas pour rester scotchée à lui pendant tout le week-end !". Pensez-vous ! Toutes les cinq minutes, il fallait que je vienne le tripoter. C'est bien simple, je n'ai pas dormi de la nuit. Le lendemain, j'avais l'air maligne avec lui à la plage. Il ne supporte pas l'eau de mer, et je ne voulais pas le laisser sur ma serviette, c'est idiot mais j'avais trop peur qu'on me le pique. Finalement, je ne me suis pas baignée du week-end. Je ne me suis pas faite draguer non plus.
Non seulement tous mes regards étaient pour lui, je n'aspirais qu'à être seule avec lui, mais quand les dragueurs de plage nous voyaient tous les deux, inséparables, ils n'insistaient pas. Je n'aurais jamais cru qu'il puisse me combler à ce point.
Pour tout vous dire, j'ai fait de ces cochonneries avec lui... Parce que je ne vous ai pas dit sa sensualité, son odeur délicate à peine perceptible, je ne vous ai pas dit combien il est doux sous les doigts, son grain velouté, craquant. J'y ai laissé des traces, des marques, pour me l'approprier. Je sais que c'est mal, mais je l'ai marqué à l'encre indélébile.
J'y ai écrit mon nom, j'ai souligné ses traits saillants, il est à moi maintenant. Rien qu'à moi. Et puisque je le possède, je peux le prêter. Pas à n'importe qui, attention, mais peut-être à Cathy pour une semaine ou deux. Elle s'ennuie toute seule, mais je sais qu'elle me le rendra, quand elle l'aura terminé, mon gros bouquin.
20:41 Publié dans Cour de récré | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blogcrossage
mercredi, 09 mai 2007
Bavarde nyctalope
Souvent, elle est dans la chambre avant moi. Il passe tant de nuits, à demi seul avec elle, et moi.
Il la regarde avec un plaisir évident ; moi, je n’aime pas son rire niais, ses fausses larmes, et ses attributs qu’elle déballe en permanence. Elle ne parle que de fric, de soleil, de pouvoir, d’elle-même…
Il peut passer des heures à profiter des plaisirs qu’elle lui propose, il mate, il soupire, il se touche négligemment. Elle le fait rire, parfois, son regard s’allume, se fend d’un sourire, d’une petite gaule. Si sûre, elle a plus d’une corde à son sac, la maligne.
Elle ne laisse personne indifférent, même moi, je me surprend à participer à leurs ébats : je ris avec lui, je contemple son sourire né du plaisir qu’elle lui procure, je le caresse, je me vautre devant elle.
S’il n’est pas trop tard ce soir, peut-être nous retrouverons-nous dans les bras l’un de l’autre, à forniquer sous ses yeux, sous le flot incessant de ses paroles, de son bruit. Elle ne prend même pas la peine de se taire, et avec nous, forme un bizarre égrégore. Elle ne jouit pas vraiment avec nous, les mélanges, ce n’est pas son truc, elle préfère l’exhib, et puis le voyeurisme.
Mais des fois, elle le subjugue, et moi-même, je me surprends à la contempler à mon tour, si belle, si brillante ! Mais elle peut être tellement… violente quand elle s’y met, grossière aussi, pathétique de connerie, si vous voulez mon avis. Pas un sou de jugeotte. Et tout ça pour quoi ?
C’est un jeu qu’elle joue, elle nous flatte, nous aguiche, elle fait tout pour nous plaire, mais toujours dans cette relation à sens unique. Elle est duplice, elle feint, elle nous trompe avec une légèreté déstabilisante : elle ne donne jamais tout ce qu’elle promet. Il dit que sa conversation le détend, mais j’ai des yeux pour voir : elle ne le regarde même pas, et moi, je ne fais pas partie de son monde. On s’y retrouve toujours sur le carreau, elle prend, fait sembler de donner, et puis finalement, il parait qu’elle finit par vous envoyer vous faire foutre, en vous crachant à la figure. Sa famille me désespère, ce n’est que forcenés, shootés et peroxydés. De tout mon être, je ne veux pas la connaître. Mais elle est tellement insondable, cet appel du vide si fort…
Lorsque ses yeux sont brûlés de la reluquer tant qu’il peut, il explique qu’il se fait tard, qu’il doit dormir, que c’est tout pour ce soir. Encore excité par sa compagnie, il se couche, électrique, tendu, et tellement las aussi. Et il s’endort.
Je reste les yeux ouverts, la vague me prend par les pieds, les tortille dans les draps, ça remonte dans mes jambes, ça inonde mes cuisses, ça bouleverse mon ventre, mes poumons se vident, et ma gorge me serre quand le tout arrive aux yeux. Ennemie jurée, elle nous a amené si loin des ptits chemins sensuels, à suivre ses grandes phrases, ses petits mots mesquins et ridicules. Elle nous a impatienté, elle nous frustre, mais surtout, elle nous vole nos nuits. Salope.
Putain de toi, bavarde nyctalope.
21:44 Publié dans Alcôve | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : télé, sexe
Les deux extases : l'Orgasme et la Jouissance
Quand j'étais moins grande, "jouir", c'était faire du bruit pendant l'amour. Vous savez, le fameux "hanhan" que font les enfants pour mimer l'acte sexuel. L'idée d'orgasme comme moment restreint dans le temps où quelque chose se passe, quelque chose d'énorme, arrive tardivement dans ma caboche. D'autant plus que je ne l'avais jamais ressenti, jusqu'à mes 19 ans. La première fois que j'ai "joui", eu un orgasme, j'ai donc compris quelque chose d'important. J'ai joui seule, par colère. J'essuyais un échec amoureux, et j'ai eu trés envie d'être égoïste : je me suis branlée avec férocité. Et j'ai joui.
Forcément, du coup, ma notion de l'orgasme prend une teinte particulière. Elle a longtemps été nettement dissociée de la notion de plaisir avec un partenaire. Et ça a duré aussi longtemps que moi et celui qui a suivi, nous avons considéré que se branler, c'était être insatisfait sexuellement. Me branler pour jouir, c'était un reproche, c'était un coup bas fait à l’autre. Et ça ne me venait pas à l'esprit, du coup, de me masturber en faisant l'amour.
Vous vous demandez ce que ça à voir avec cette histoire de définition de "jouir" et "avoir un orgasme", du début de ce post. Ca a tout voir : pour moi aujourd'hui, c'est toujours deux choses différentes. Il est indéniable que je prend énormément plaisir à faire l'amour, en dehors de tout orgasme, c'est-à-dire à être pénétrée. J'en jouis donc. Mais pour me faire "jouir" au sens au vous l'entendez, au sens d'avoir un orgasme, c'est au niveau du clito que ça se passe. Je suis d'accord avec ceux que les concepts de "fille clitoridienne" et "fille vaginale" font grincer des dents quand j'en parle ici : il s'agit de jouissance, clitoridienne ou vaginale. C'est pas une idée que j'ai trouvée par terre, c'est ce que je ressens, profondément.
Et voila que je n’étais plus bêtement « clitoridienne », ce qui ressemblait trop à « frigide », mais juste plus « jouissante » qu’ « orgasmique »...
Il y a quelques mois, je suis tombée sur un bouquin qui répondait à ce ressenti : Les deux extases sexuelles, la jouissance et l'orgasme, de Jean-Claude Piquard. Il se lit agréablement, les mots ne sont pas compliqués, ne cachent rien, et surtout, il apporte une douceur appréciée dans le champs de bataille qu'est le soi-disant débat hommes/femmes... Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, et surtout celles des débutants !
Le site de Jean-Claude Piquard : www.piquard.eu
LES DEUX EXTASES SEXUELLES La Jouissance et l'orgasme
Jean-Claude Piquard
Editions Les Presses Libres
"L’ORGASME
Chez l’homme, il n’y a pas souvent de problème quant à l’orgasme, presque tous les adolescents le découvrent en même temps que l’éjaculation, dès les premières masturbations.
L’orgasme est déclenché par la stimulation du gland, à l’extrémité de la verge.
Après l’orgasme, la libido chute brutalement, le sexe débande et toute stimulation de pénis devient désagréable, voire douloureuse. C’est la période réfractaire, ou période de latence, qui peut durer de quelques minutes, à plusieurs heures, voire plusieurs jours avec l’âge. L’orgasme a donc une fonction de résolution du désir sexuel.
[…]
Comme nous le verrons plus loin, et selon notre définition, l’homme peut éprouver un grand plaisir sexuel sans éjaculation, ce qui n’est pas un orgasme, mais un pic de jouissance.
Pour la femme, l’orgasme est assez identique.
Cette similitude des orgasmes masculins et féminins est étonnante. Surtout pour l’homme, lorsqu’il est témoin pour la première fois de l’orgasme d’une femme !
L’orgasme féminin est essentiellement déclenché par la stimulation du clitoris. Comme chez l’homme, c’est un court épisode paradoxal de plaisir déferlant. Pendant l’orgasme, la femme est aussi soumise à des spasmes : le vagin se contracte involontairement et fortement, de 4 à 5 contractions à 0,8 seconde d’intervalle. L’ensemble du corps est soumis à des spasmes cloniques, y compris le visage. Les femmes parlent souvent de tension physique, musculaire et vaginale, de raidissement, d’arc-boutement avant et/ou pendant l’orgasme.
L’orgasme féminin dure 5 à 15 secondes. Pendant l’orgasme, la femme ne peut plus parler, l’orgasme lui coupe la parole. Certaines peuvent pousser un long cri, parfois étrange mélange qui tient à la fois du cri et du râle.
Chez l’homme et chez la femme, des muscles semblables, du bassin et du périnée, participent à l’orgasme.
Certaines femmes évoquent des orgasmes qui durent plusieurs dizaines de minutes Faux ! Seuls les pics de jouissance peuvent durer aussi longtemps. L’orgasme est toujours limité à une dizaine de secondes.
Pour la femme l’orgasme a aussi une fonction de résolution du désir, de décharge, mais qui s’exprime d’une manière légèrement différente que pour l’homme. En effet, après l’orgasme, la femme est souvent avide de pénétration, de jouissance. Généralement, l’orgasme porte à son maximum la tumescence de la vulve, condition très favorable aux plaisirs de la pénétration. La femme peut de nouveau avoir un orgasme après quelques minutes et enchaîner des cycles jouissance/orgasme avec des périodes réfractaires très courtes, voire inexistantes, contrairement à l’homme. La résolution du désir se fera sentir à la fin de l’épisode sexuel.
Totalement assouvie, elle s’endormira avant l’homme (ou en même temps).
Le soir, lorsqu’une femme tarde à dormir après l’amour, même après avoir été comblée de jouissance, c’est qu’il lui manque l’orgasme avec sa fonction de résolution du désir sexuel. De même, si après l’amour, comblée de jouissance, elle a encore un désir fort, un sentiment d’incomplétude, c’est que l’orgasme lui manque. Si elle ne connaît pas l’orgasme et la résolution du désir, ce manque est incompréhensible, innommable, et parfois très difficile à supporter.
[…]
LA JOUISSANCE
La femme est particulièrement réceptive à la jouissance, qui la remplit et la nourrit.
La jouissance est davantage liée à la pénétration.
Contrairement à l’orgasme qui explose et qui est limité dans le temps, la jouissance ondule : elle démarre doucement, légèrement, puis elle monte, plafonne, parfois redescend un peu, remonte, se déploie dans le temps.
L’érotisation de la relation, le désir et la complicité des partenaires préludent ensemble au plaisir. La stimulation des mamelons, de la vulve, des petites lèvres, de l’entrée du vagin prépare à la jouissance. Le clitoris, lui, enflamme la jouissance. Si on s’y attarde, on change assez vite de registre pour aller vers l’orgasme.
[…]
La femme fait bouger son corps pour aller à la rencontre du corps de l’homme, mais aussi parce que sa jouissance a besoin de s’exprimer sur le plan psychomoteur. Par moment, celle-ci monte très haut, presque trop haut, parfois à la limite de l’insupportable, alors la femme se débat, tourne la tête à gauche à droite sur l’oreiller, gémit de plaisir. Son corps ondule de plaisir, longtemps, ce qui n’a rien à voir avec les quelques spasmes de l’orgasme. Elle peut parler, dire je t’aime, encore, c’est bon…, paroles entrecoupées de gémissements."
18:30 Publié dans Bibliothèque | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, sexualité, jouissance, orgasme, jean-claude piquard













