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mercredi, 25 juillet 2007

Il a parfois le sommeil agité...

51b24e44e00ce9ebd10c15ff78a93616.jpgIl a parfois le sommeil agité, dans une palette allant du ronflement provoqué par des années d’enfance ravagées par les colutoires, au coït inconscient.

 

Les hommes ronflent, c’est bien connu (quoique je connaisse une fumeuse qui rend ses voisins insomniaques et désagréables au réveil), mais avant de passer à l’écarte-naseaux et autre produit qui vous soulagera à la fois les oreilles et le porte-monnaie, suggérez leur tout d’abord de dormir sur le côté. Jvous jure, ça marche.

 

Les hommes se touchent la bite aussi, dans leur sommeil. Même ceux qui n’ont pas cette vulgaire habitude de porter la main au paquet 67 fois dans la journée le font. Il est de ceux-là. Et que je me la tripote, que je te me la prend à rebrousse-poil. J’aime bien le regarder faire ça. J’aime surtout le voir se la toucher, la manipuler, la cajoler, sa façon d’y porter les doigts, de la saisir, de la remonter le long de son ventre, de se tâter les couilles. Le voir faire ça, se relaxiter, c’est voir son intimité avec son intimité, ses habitudes avec lui-même...

 

Certains d’entre eux sont en sus somnambules. Là aussi, ça revêt plusieurs manifestations... ça peut juste consister à ouvrir les yeux, parler. Ou prendre la main de sa partenaire, qui dort paisiblement à côté, et la poser sur ses propres couilles. Ca fait chaud à la fille quand ça arrive, parce qu’elle n’est pas bien sûr qu’il ne dort pas. Mais ça ne dure pas longtemps, c’est furtif, et a un moment, il vous repousse, vous le gênez. Et puis des fois carrément, il vous doigte, il vous retourne, et vous fait consciencieusement l’amour.

 

Sa gaule du matin, en général, ne survient... que le matin. Tendue comme un poing, béton. Mais cette fois, il devait être 3 heures du matin. Je dors sur le ventre. D’une main décidée, il m’attrape la hanche et me met sur les flancs, ça me réveille. Une envie de douceur, de se nicher ? Je me laisse faire (les filles c’est comme ça). Comme il se rapproche de mon dos, je sens comme un truc dur : merde, c’est sa queue ! Gros coup de chaud, du ventre jusqu’en haut du front : le coït n’est pas loin. Il m’enfonce un index dans ma petite chatte, aussi loin qu’il peut. Là, j’ai plus chaud, je fond. Les préliminaires ne s’attardent pas, ce doigt était juste destiné à se faire une idée de la configuration des lieux. De sa main libre, il amène son membre jusqu’à l’orée du Bois-Joli. Puis se libère les deux mains, me saisit les hanches, et m’enfonce, jusqu’à la garde comme on dit dans les romans pornos. Pour moi, y’a pas photo : il est bien réveillé le bougre.

 

Il s’agite comme ça, une dizaine de minutes, pendant lesquelles je me branle abondamment, en silence. Les coïts impromptus, en pleine nuit qui plus est, ont le chic pour me faire monter la mayonnaise. Pas un mot, pas un son ne s’extirpent de ses lèvres, pendant que les miennes salissent les draps tant qu’elles peuvent, limaces mal élevées. Ses mains prennent le relais de mes doigts pour me masturber, chose qu’il fait rarement. Et puis je sais pas, je m’agace : ses gestes sont comme mécaniques, trop répétitifs, comme le mouvement de ses reins. Je repousse sa main en disant : « j’y arriverais pas comme ça ».

Arrêt total. Plus rien, plus un frémissement. Je me dit que je l’ai vexé. Peut-être qu’il s’est rendormi ? Je m’immobilise, j’essaie de comprendre cette drôle de situation. Disons... 5 minutes plus tard, il se « réveille » encore et me gratifie d’une dizaine de coups de reins brusques, toujours au garde-à-vous. Puis de nouveau plus rien. Là, je suis pas frustrée, je suis proche de la haine totale et absolue. Merde, et alors ?? C’est fini ?

 

Oui-da, c’est fini. Il se ratatine doucement, je me rendors.

Au matin, il soulève la couette. Me regarde. Me demande s’il ne s’est pas passé quelque chose cette nuit : sa bite est poisseuse. Je le sonde du regard : il me prend pour une truffe là ? Ce coït n’avait rien de mémorable, certes, mais quand même. Je lui rappelle les faits : oui, cette nuit, tu as commencé à me faire l’amour, sans finir le boulot.

 

Rires. Gêne. Comment-t-est-ce possible ?

Je n’en sais rien.

Tous les docteurs vous le diront : les agissements des somnambules sont mécaniques et se font dans un cadre hyper-habituel, et un somnambule n’ouvrira pas une porte si par hasard vous avez déplacé, juste aujourd’hui, la poignée. On fait souvent l’amour dans cette position, en particulier quand il est fatigué, mais les fois où il a pu me pénétrer sans mon aide des deux mains se comptent sur les doigts d’une seule. Cette fois, en dormant, il a très bien réussi.

 

Encore un mystère au compte de l’humanité.

vendredi, 13 juillet 2007

Comment écrit-on du cul ?

Dans ma ville existe une rue qu’on peut encore éventuellement appeler malfamée, rendez-vous des glandeurs sales. C’est la rue Berbizet. Elle est sinueuse, ombrée par les hauts immeubles, elle sent la vieille pierre, les porches sont sombres et profonds, les devantures sont à l’ancienne, j’adore. Mais je l’emprunte très rarement, à la réflexion, la preuve : je suis tombée dans un piège que n’importe quel dijonnais aurais précautionneusement évité, au courant qu’il est.

 

A la recherche d’une terrasse pas trop chaude, je passe devant une devanture absolument opaque, tendue de papier rouge, et écrite en jolies lettres dorées : « Librairie érotique – Pour adultes uniquement – curieux s’abstenir ». Je m’évalue rapidement : je suis curieuse. Oui, mais j’aurais tout à faire là-dedans : enfin une échoppe qui va me proposer L’ouvrage théorique sur l’écriture érotique dont je rêve tant ! Je pousse la porte, et suis immédiatement avertie du fait que je suis dès lors surveillée électroniquement. Bon. Un « sas de sécurité ». Bon. Je passe outre : stupeur. DVD pornos, quelques godes, un client qui se cache à mon approche. Oups. Il suffit de faire trois pas, et vous êtes au fond du magasin, gardé par un ptit jeunot coupé ras, qui me regarde comme Scully regarde parfois Mulder. J’ui dis : « C’est pas vraiment une librairie, hein ? », « Non, pas vraiment ». Comme quoi, faut pas croire tout ce qu’on lit. Bon, je fais mine de pas être trop surprise en folâtrant deux secondes en regardant les ustensiles en latex, et je sors. Jme suis bien fait eute.

 

C’n’est pas aujourd’hui que je l’aurais mon ouvrage théorique sur l’écriture érotique, alors voila, je vais me prendre par la main, et récapituler ce que je fais depuis un petit moment maintenant :

 

COMMENT ECRIT-ON DU CUL ?

 

I. LA FORME

 

Concise si possible, ce me semble. A mon humble avis, on devrait pouvoir lire un texte érotique aussi vite qu’on mate un film porno. Ca demande de pas trop tourner autours du pot, de faire monter la mayonnaise d’une main ferme et décidée. Pour que le lecteur VOIE il ne faut pas le retarder avec des mots inutiles et des phrases à rallonge, avec recherche de l’antécédent, du complément du verbe, et c’était quoi déjà, le sujet ? Dans les films, les gens font connaissances très rapidement, pas d’arrière-plan social ou si peu, pas de « rappel des épisodes précédents », hop, bite dans cul ! A la relecture, couper, enlever, alléger, plus c’est court, plus c’est bon.

 

Mais pourquoi pas ménager des creux,  pendant lesquels le lecteur peut aller se laver les mains ! Laissez-le respirer, un lecteur mort est un lecteur inutile.

 

Ne lésinez pas sur la grossièreté, mais pas non plus sur la surprise d’un joli petit mot propre. La « grossièreté » est parfois une obligation : comment désigner le sexe de la femme autrement que par « chatte » ? « Clito », c’est clito, organe extérieur, « vulve », c’est toujours l’aspect extérieur de l’organe, on peut dire « sexe », mais alors, c’est unisexe. Donc « chatte », en attendant mieux. Mais après, on peut se permettre « puits d’amour », « sentier voluptueux », « bouton de rose », etc... C’est pas grossier, mais est-ce que ça produit vraiment son ptit effet ? Tout dépend du contexte, je suis d’accord ! Soignez donc le contexte. Pour le sexe de l’homme, là attention, le choix est vastement intéressant : « membre » connote une certaine grosseur, de la virilité, quand « bite » se la joue moins descriptif et plus banal. « Queue » fait animal, et « bambou » végétal, ça tombe bien, en ces temps écologiques. « Sexe » est plus hygiénique, et plus approprié, je trouve, que pour les femmes. A éviter absolument : « sex », qui donne l’air de ne pas y toucher, ce qui est détestable.

 

Le choix des adjectifs : impératif. Je ne mettrais jamais assez en garde contre les superlatifs, et pire, les lieux communs. Jetez les « membres tuméfiés », où un mot appelle l’autre : votre lecteur aurait pu l’écrire, la preuve : il y a pensé. Les superlatifs : mais oui, le cul c’est « super bon », il est « merveilleusement beau », et votre orgasme fut « énorme ». Mais on s’en fout, on veut connaître les détails, on veut ressentir, on veut savoir ce qui distingue cette baise de la précédente. On a besoin de savoir que vous vous êtes fait chier jusqu’à ce qu’il décide de vous prendre comme une salope, que ces poils et son ventre mou vous caressaient le pubis, et que vous l’avez dénuqué en le serrant trop fort, quand vous avez joui. Renouvelez les « rondelle éclatée » et autre « chatte ramonée », et sortez les « laminée », « poncée », « polie », « élargie », que sais-je encore ! Enfin : on ignore trop suivant la puissance des adverbes, qui valent tous les adjectifs du monde : un « bigrement » devant un « grosse », ça vaut tout les « énorme », surtout quand c’est « bite » qui suit !!

 

Ce qui est bien avec l’écriture, c’est que tout est permis... tant que vous ne donnez pas l’impression de ne pas connaître votre grammaire, vous écrivez nom de dieu ! On peut inventer un mot, inverser une structure, pourvu que ça serve votre propos. Pour être pris au sérieux tout en prenant pleine liberté... soignez l’orthographe ! Moi qui vous parle, et qui suis pas la dernière des ânes bâtés, jvous dit, c’est dur ! Mais bien récompensé. Relisez. Relisez encore. Et encore. Relisez vos vieilles notes, et corrigez, corrigez encore, et toujours. Le correcteur d’orthographe de Word est très insuffisant !!! Conjuguez soigneusement vos verbes, et plus encore vos participes passés, au risque de rendre confus votre propos.

 

La mise en page : attention, danger ! Vous pouvez faire du pur art, un bloc justifié sans paragraphe, ça décourage le meilleur et le plus fidèle lecteur ! La police minuscule, ou pire, celle super originale que vous avez importé de je ne sais où et que votre ordi est le seul à lire, oubliez ! Je passerais sur le langage sms, les couleurs sur chaque lettre et autre originalité des skyblogs : laissez ça aux skyblogs.

 

II. LE FOND

 

Interrogez-vous : que voulez-vous ? Parler de vos sensations, de vos sentiments ? De votre dernière histoire d’amour ? De votre dernière partie de jambes en l’air ? Ou faire bander le lecteur ? Le distraire ? Le faire rire ? L’instruire peut-être ?

Autant vous le dire : oubliez les éjacs sur l’écran de l’inconnu qui vous lit si vous donnez les détails de la discussion téléphonique avec Marie-Ange qui a interrompu les ébats. On peut pas parler à la fois de cul et de sa vie. Ou alors qu’une infime partie.

 

Cernez donc votre lectorat : les filles de votre âge, les messieurs plus âgés, les jeunes loups, les pré pubères ? Choisissez, et à l’avenir, tenez-y vous ! Un exemple, totalement pris au hasard : moi... Je désintéresse absolument les ptits jeunes : trop de mots, et pas assez d’images. Un certain succès chez les hommes un peu âgés, et même un peu plus : quelques paroles d’Alain Bashung, et des prouesses sexuelles qu’ils ont déjà essayées, et qui leur rappellent bien des souvenirs. Et pas mal de filles aussi, plus ou moins de mon âge, qui ont toutes la particularité d’être de cochonnes, ou de tenir des blogs de l’acabit du mien. Même pas besoin d’aller les chercher, une recherche google, et ils y sont.

 

Le cinéma utilise des catégories qu’on appelle « genre ». C’est quoi votre genre ? Porno, érotique, sentimental, eau de rose ? Journal intime, fiction, gros délire verbal ? Là, pas obligé de s’y tenir : au gré de vos envies, pourvu que ça ne vous fasse pas changer de lectorat tous les quatre matins : les habitués, on s’y habitue, on les aime bien, les chassez pas. Une scène hardos au beau milieu de vos souvenirs de vacances fera fuir la ménagère de moins de cinquante ans qui aimait bien traîner chez vous, sans que vous le sachiez.

 

Voila, je crois que c’est une bonne base, qui laisse toute latitude à l’esprit fertile que vous êtes, apprenti scripteur. Votre prof de littérature vous le disait et vous ne l’avez pas cru, mais c’était vrai : dans un texte, chaque mot est choisi, sinon, ça ne vaut pas le coup d’être lu, et donc d’être écrit.

 

A bon lecteur, salut !

dimanche, 01 juillet 2007

Vous croyez le corps de la femme fait pour le plaisir...

3b7f1cf9296e38f06d1d0c51f28c7d2e.jpgCette peau douce et satinée, élastique sous les doigts, au duvet léger et transparent... Ces cheveux aux boucles soyeuses, où vos doigts s’emmêlent pour un au revoir, un bonjour, un reste-là... Ces yeux tendres tout prêts à recevoir les larmes de la peine de cœur, de la passion et de la reconnaissance sans bornes, aux cils démesurés et papillonnants... Ce nez mutin frémissant aux odeurs sensuelles de l’alcôve, aux parfums chargés de fruits et de fleurs... Cette bouche en cœur, qui crie, qui pleure, qui susurre et jouit, qui sourit, qui mord, qui suce, qui avale, gobe, caresse, aux lèvres charnues et pulpeuses, roses, rouges, tendres.... Ce cou fin et délicat en corbeille à baisers, en oreiller, en repose-tête, qui dégage ce fin menton et l’ovale ravissant de leur doux visage.... Ce cerveau, léger et désinvolte, qui perd vite le nord, la tête, le haut et le bas, prêt à toutes les folies, et sans souvenir de l’avant-veille... Cette poitrine généreuse qui appelle le creux de la main, où se promène les doigts, la langue, aux tétons thés et pointant sous le coup du froid comme du chaud, tendus comme un seul être vers votre bouche.... Ses mains graciles et habiles, qui empoignent et branlent, fouillent, et, coquettes, se parent, de bijoux, de vernis, de larmes... Ce ventre plat et tendu, nerveux et poli, qui palpite au moindre frisson.... Cette touffe moite et charnue, véritable puits de plaisir où se perdent toutes les mains et toutes les queues, qui avalent sans fin et crachent sans honte.... Ces jambes en aiguilles, longues, galbées, s’écartant à l’infini, jusqu’aux oreilles s’il le faut, qui marchent, courent se pressent vers l’amant impatient, qui plient sous lui, lui ouvrent le chemin, le guident, l’attrapent... Ces pieds mignons, sensibles et délicats... Charmant, non ?

 

Foutre, je rigole. L’amour a son pendant, bien plus émotionnant, finalement, et peut-être un peu moins rigolo : la procréation (un mot aussi pas beau que « aménorrhée »...).

 

5ed431310beeadea08e24b04d0193701.jpgCette peau élastique est faite pour se tendre, de bas en haut, et sur les côtés : il s’agit d’ajouter parfois jusqu’à une vingtaine de kilos, à répartir sur les seins, les fesses, les hanches, et surtout, le ventre. Ce ventre qui conçoit, se remplit, élabore, synthétise, fait communiquer future mère et futur enfant.

 

Ces yeux, cette tête, ces pensées, s’attendent au pire, comme au meilleur, ils calculent, évaluent, supportent les soucis, la douleur et la rude responsabilité d’être mère. Ils pensent aux courses à faire, aux jouets à ranger, à la cuisine à cuisiner. Au mari qui rentre tard, aux enfants qui rentrent tôt, ou jamais quand il faut. Au temps qu’il fait, qu’il va faire, au linge à laver, étendre, ramasser, plier, ranger. Ils évaluent les distances entre les marches de l’escalier et la tête de ce charmant bambin, la férocité de la grippe, la douleur de cet enfant qui ne sait pas encore s’exprimer et qui a ses dents à faire pousser. Ils comptent le nombre de couches restantes avant la cruelle pénurie, les sous sur le compte en banque, ou ceux qui manquent et qui pourtant étaient bien là, encore ce matin, dans le porte-monnaie. Elle calcule le pourboire, la monnaie, parcours la liste de course.

 

8fb56a1187171c3e2a75b4100e7054a4.jpgCette poitrine maintenant pendante et lourde, allaite, nourrit, rassure, fait reposer la petite tête chauve du bébé. Elle gicle au moindre retard dans la tétée, elle est douloureuse dès les premiers mois de la grossesse. Elle est mordue, griffée, goulûment happée, mâchonner, vergeturée, crevassée.

 

b8ee1c4b5d3453d1b8be4480c5908339.jpgCes jambes courent, de la garderie à la cuisine, de la chambre au pédiatre, de la grande surface à l’école. Elles ploient sous les sacs de course, s’emmêlent dans la foule, elles se pressent au rendez-vous bientôt manqué, elles s’étendent, épuisées, de tout leur long sur le canapé. Ces genoux font a-dada-sur-mon-baudet, se mettent à terre pour pouvoir ramasser le dégât de nature tachante sur la moquette. Elles sont lourdes, ankylosées, et elles aussi, vergeturées.

 

Ce nez est confronté à des épreuves qu’il ne souhaite à personne. Il détecte la merde qui irrite ces petites fesses, localise celle du chat, sous l’évier ou le buffet du salon, s’alarme à l’odeur qui se dégage du four alors qu’elle soigne le petit bobo de l’aîné. La moutarde lui monte plus souvent qu’à son tour, il est fin quand il s’agit de débusquer le garagiste escroc, l’affaire de l’année, ou le mensonge du petit dernier. Il analyse l’état de saleté (avancé) des chaussettes du cadet, ou l’état de péremption (avancée) de la bouteille de lait au fond du frigo, trouve la pomme pourrie sous le lit du petit.

 

Cette bouche vocifère, hurle, se démène, pour ne pas laisser passer cette monumentale connerie dont elle n’aurait jamais cru sa fille capable. Elle explique, patiemment, ou un peu moins, ce qu’est un mensonge, comment on fait les bébés, et pourquoi on ne fait pas ça, ou ça. Elle coupe d’un coup de dents déterminé le fil qui dépasse de la chemise, teste la chaleur du lait dans le biberon, nettoie la joue pleine de jus de fruit de son tendre bambin. Elle serre les dents pour ne pas exploser, elle se tord dans la tristesse, s’ouvre toute grande pour appeler celui qui n’est pas rentré (t’as vu l’heure ??). Elle soumet le fautif à la question, se pince pour affirmer sa désapprobation, bave devant cette grosse et succulente religieuse au chocolat qu’elle ne peut se permettre d’avaler. Elle a le désagréable rôle de dire non, de dire stop, de refuser, d’engueuler : elle passe pour la chieuse.

 

29c42c887266f1cc591802e0b348b151.jpgCe ventre, avant d’être plat et doux, est surtout fait pour être démesurément gros, et en tout temps, pour contenir ovaires, ovules, vagin, utérus et autres trompes de Fallope, toutes choses fort désagréables quand elles s’y mettent. Faut-il vraiment que je vous explique le calvaire des règles (ou parfois de leur absence), de l’accouchement, de l’IVG, du viol ? Non, allez, je me suis promise de ne parler que d’amour.

 

J’halterais donc là, en omettant ce que certains se permettent sur le corps de la femme, et d’autres choses aussi sympathiques. Et je vous repose la question : le corps de la femme, fait pour le plaisir ?? Oui, mais alors, fait pour le plaisir d’avoir des enfants.

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